samedi 27 août 2016

La Belle et le Solitaire - Jeu de masques par Florence Cochet

samedi 27 août 2016
Résumé : Nom : Marchesi
Prénom : Isabella
Profession : cambrioleuse
Mission : dérober l’Œuf de l’hiver, de Fabergé
Propriétaire : Sir Stephen Hawkfield
Localisation : Hawkfield Manor, Windermere, Angleterre
Risques : modérés

sauf si le maître des lieux décide de l’entraîner dans un troublant jeu de masques…

« Du bout de ses doigts tremblants d’impatience, elle retira le tissu. Ses yeux s’écarquillèrent. Un juron lui échappa. Le présentoir était vide. »

Titre : La Belle et le Solitaire – Jeu de masques
Auteur : Florence Cochet
Edition : Auto-Edition


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Aujourd’hui, je vais vous parler de la Belle et le Solitaire, un mini-roman auto-édité par Florence Cochet.

La Belle et le Solitaire est une revisite du conte de fées de la Belle et la Bête. Ici, notre Belle est une voleuse expérimentée, qui va se retrouver prise au piège par l’homme qu’elle doit cambrioler. Ce dernier va lui faire passer un étrange marché que notre Belle va chercher à saisir.

Florence Cochet nous livre un charmant conte de fées. Sa plume est toujours aussi agréable à lire. Par rapport à Par le sang, je l’ai même trouvée plus gentille avec ces personnages. Bon, c’est vrai, Bella succombe peut-être un peu trop vite. Après, nous sommes dans un conte de fées alors ce n’est pas si illogique que cela. En plus, le Solitaire sait y faire avec son aura de mystère. Il attise la curiosité de la Belle… dont j’apprécie le caractère. D’ailleurs, elle la classe quand elle vole.

Et j’ai beaucoup aimé la chute. La réplique finale est parfaite. Juste parfaite. Par contre, j’ai trouvé le format un peu court. Il étouffe l’histoire, qui aurait mérité quelques développements supplémentaires. Je pense à la relation entre nos deux héros ainsi qu’à leur entourage que l’on ne voit pas assez à mon goût. Je pense qu’il y a matière à creuser pour en écrire une version plus longue et encore plus appréciable à lire.

Dans tous les cas, malgré le format mini, j’ai passé un bon moment en compagnie de la Belle et le Solitaire. Alors si vous avez envie d’un joli conte de fées, penchez-vous donc dessus !



Verdict : A découvrir !




vendredi 26 août 2016

Regis par James Osmont

vendredi 26 août 2016
Résumé : Régis aime la littérature et l'automne, les décibels et l'errance. Il n'a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s'accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir... Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d'un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire... Jusqu'au point de non-retour.

Titre : Regis
Auteur : James Osmont
Edition : Auto-Edité



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Aujourd'hui, je vous propose de parler de mon voyage au pays de la folie avec Regis, un roman auto-édité signé par James Osmont.

Le résumé de Regis m’intriguait. J’ai donc commencé par télécharger l’extrait, qui m’a poussée à acheter le livre dans son intégralité. J’étais curieuse, mais la magie n’a pas réussi à opérer. Pourquoi ? Parce que ce livre est un mélange d’éléments intéressants que d’autres viennent plomber.

Une des particularités de Regis est d’insérer des paroles de musiques. Malheureusement, cette idée est mal exploitée, car elle alourdit inutilement le texte. En plus, les paroles sont traduites. Alors si je peux comprendre ce choix, je trouve néanmoins dommage qu’on ne puisse pas les reconnaître ou les apprécier d’abord dans leur version originale. Elles ont aussi la fâcheuse tendance de s’étendre en longueur et ont réussi à me sortir plus d’une fois de ma lecture.

Du côté du style de l’auteur, on oscille entre du bon, voire du très bon et des passages plus maladroits. Je pense notamment aux descriptions, qui ne sont pas toujours bien maîtrisées. Certaines sont bien tournées. D’autres vont se perdre en détails inutiles, qui font oublier le sujet de la phrase au départ. Résultat, le roman se voit encore alourdi par ses passages peu digestes. 

Par contre, l’auteur maîtrise l’univers dans lequel il nous plonge. (Peut-être un peu trop, car certains termes se révèlent assez techniques.) Regis est un personnage dont la folie est palpable. Il est clairement réussi, ce qui n’est pas forcément le cas de ceux qui l’entourent dans ce drame. Je pense notamment aux deux femmes, qui vont graviter autour de lui.

Ces deux personnages féminins ont un point commun : une attirance malsaine à l’égard du patient Regis. Nous avons donc Sandrine, quarante-six ans, que l’existence n’a pas épargné, qui ne vit que pour son travail et qui s’est attachée à Regis. Face à elle, l’autre personnage n’a point de prénom. Elle est juste présentée comme l’Étudiante, une jeune femme blonde de vingt ans. Tout comme sa consœur plus âgée, Regis ne va pas la laisser indifférente. Il la fascine au point qu’elle parle de fantasme à un moment donné. Alors oui, tout ceci est malsain. Enfin le pire, à mes yeux, c’est qu’un triangle amoureux se forme et que ça m’a hérissé le poil.

Fallait-il vraiment que les deux seules femmes de cet ouvrage soient réduites à éprouver une attirance malsaine pour Regis ? Sandrine avait-elle besoin d’avoir une rivale ? Cette rivale n’aurait-elle pas pu exister seulement dans l’esprit de Sandrine ? Ou celui de Regis ? Franchement, je trouve que cela dessert l’intrigue et par extension le Prédateur. Il aurait pu avoir un plus grand rôle... mais non. Il n’est qu’un moyen de faire avancer les choses. Du coup, son temps de parole paraît trop important pour ce qu’il apporte à l’intrigue. En plus de nuire à Prédateur, ce triangle amoureux va aussi nuire à l’histoire. Il va pousser l’auteur à emprunter une voie sans surprises. On sent venir certains événements de très loin, ce qui est dommage.

Avec Regis, j’ai donc eu la sensation de tenir un diamant brut entre les mains sauf que l’auteur n’a pas pris le temps de le tailler correctement. Résultat, j’ai l’impression d’avoir lu le brouillon qui avait les moyens de se transformer en chef-d’œuvre si l’auteur avait pris quelques mois de plus pour travailler son ouvrage. 

Verdict : Frustrant

lundi 22 août 2016

Je râle #2 : Les romans auto-édités bâclés

lundi 22 août 2016

Aujourd'hui, j'ai envie de râler après un des travers de l'auto-édition. (que l'on peut retrouver dans l'édition d'ailleurs)

A plusieurs reprises, j'ai éprouvé un sentiment de frustrations après la lecture de certains romans auto-édités. J'ai songé que certains auteurs sortaient trop rapidement leur ouvrage, qu'ils ne prenaient pas le temps de corriger alors qu'un vrai potentiel existait.

Et ça m'énerve. Pour de multiples raisons.

Un, je déteste lire un ouvrage bâclé quand j'y sens un vrai potentiel et de bonnes idées. J'en veux à l'auteur car s'il avait pris quelques mois de plus pour peaufiner son ouvrage, je n'aurais peut-être pas été aussi frustrée par ma lecture. J'aurais même pu crier au génie sachant que je n'attends que ça lorsque je lis un roman auto-édité.

Deux, je paie pour cet ouvrage. J'ai donc des attentes. Je peux pardonner une couverture pas terrible et un résumé raté. (parce que dans l'édition, y a de beaux ratés aussi de ce côté) Après j'ai une demande minimum : une mise en page et un français corrects. Quand il m'en manque un ou les deux, j'ai la grosse impression de m'être fait arnaquer. Pour moi, c'est clairement un manque de respect vis-à-vis du lecteur. Pourquoi ? Parce que ce sont des soucis qu'il est facile d'estomper en prenant son temps sur la phase de correction du roman. Quant à la mise en page, il suffit de prendre un roman édité comme inspiration et d'un peu d'huile de coude. Merde ! L'auto-édition, ce n'est pas un site de publication en ligne. (En plus, les auteurs diffusant gratuitement leurs écrits respectent parfois plus leurs lecteurs que ceux qui l'auto-éditent.) Ici, les gens vont payer pour lire un roman. Alors le minimum, c'est de ne pas rendre une copie bâclée ! C'est un investissement qu'ils font, et ce n'est jamais agréable de voir cet argent perdu pour quelque chose qui n'en valait pas la peine.

Qui plus est, ce genre de pratiques, cela fait du tort à tous les auteurs qui vont se donner du mal pour peaufiner leur bébé. Je sais qu'ils en existent car nous avons lus de bons auto-édités sur ce blog. Hélas à cause des auteurs irrespectueux de leurs lecteurs, ils voient des gens se lasser de l'auto-édition. Ce n'est pas juste. Pourquoi devraient-ils payer les pots cassés ?

Alors, je râle. Je râle avec l'espoir qu'un jour, les auteurs auto-édités de romans bâclés se décideront à faire prendre les choses avec un peu plus de sérieux par respect pour leurs lecteurs ou leurs confrères qui ne nous prennent pas pour des idiots. J'espère aussi que les lecteurs auront le courage de tenir le coup après de telles déceptions, qu'ils accepteront encore de donner une chance car il existe vraiment de belles histoires… et sûrement des perles à découvrir.

dimanche 21 août 2016

Personnage Féminin #4 - Sherona

dimanche 21 août 2016

Chère Sherona,

Au début, je ne pouvais pas te saquer. Tu m’agaçais avec ton caractère de merde. Je dois te l’avouer, je ne pouvais pas t’encadrer. Pourtant, au fil de ma lecture, j’ai fini par t’apprécier. Ce n’est pas parce que tu changes. Ce n’est pas parce que tu as un geste de compassion à un moment donné… Ou parce que tu as accompli un geste héroïque. Non.

En fait, j’ai fini par t’aimer parce que tu me rappelais ce nain qui prenait des chiantos dans le Donjon de Naheulbeuk. Je t’aime parce que t’as un caractère de merde, que tu râles, mais au fond, tu tiens à certaines personnes. J’aime ton lien avec la Fouine. J’adore la famille que tu formes avec elle et Jasper. Ce n’est pas commun, mais ça reste une jolie famille je trouve.

Je me suis rendu compte que je t’aimais à la fin. Pas au début. Pas au milieu. Mais à la fin. À la fin, j’ai su que t’allais manquer. Je pensais que je préférais Jasper, mais non. Sherona, je ne te vois pas comme un personnage féminin. Je te vois comme un être à part entière, comme une personne. Et qu’est-ce que j’ai aimé le plaisir que tu éprouvais à l’idée d’annoncer la bonne nouvelle à June. Sérieux… J’ai adoré ce moment où te réjouissais à l’idée de l’emmerder.

J’espère que vos routes vont se croiser à nouveau. J’espère vous voir collaborer toutes les deux parce vous ne pouvez pas vous saquer. Oui, c’est sadique… Mais Sherona, si tu ne râles pas, t’es pas Sherona. Alors merci à ton auteur de m’avoir fait croiser ta route. T’es un sacré personnage, un bon personnage…

Et il était normal que t’es ta place ici, la râleuse !

vendredi 12 août 2016

Americanah par Chimamanda Ngozi Adichie

vendredi 12 août 2016
Résumé : « En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire. » Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu'on change de continent, lorsque sou­dainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?


Titre : Americanah

Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie
Édition : Folio



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Aujourd’hui, je reviens dans les sentiers de l’édition afin de vous parler d’un livre conseillé par Cindy Van Wilder (autrice des Outrepasseurs et de Memorex). Il s’agit d’Americanah écrit par Chimamanda Ngozi Adichie.

Alors, j’ai adoré ce livre. Ce fut un coup de foudre instantané. Dès que j’ai lu les premiers mots, je n’ai eu qu’une seule envie : me laisser porter jusqu’à la fin. J’ai dû résister pour ne pas le finir trop vite, pour pouvoir le savourer et ce fut dur. Je ne voyais pas les heures passées en compagnie d’Americanah parce que cette histoire est passionnante tout en étant enrichissante. Je ne vais jamais pouvoir lui faire une chronique qui lui rend totalement justice…

Americanah ne raconte pas seulement les aventures d’Ifemelu dans un pays étranger. Il raconte le choc culturel que va vivre l’héroïne quand elle va débarquer aux États-Unis. (puis qu’elle connaîtra à nouveau quelques années plus tard en rentrant au pays) La jeune femme va se confronter à la vision du Blanc sur le Noir, mais aussi des Noirs sur les Noirs… car il existe des différences entre eux. Ifemelu va s’intéresser à la question au point d’écrire un blog dont certains articles sont lisibles au sein du roman afin de nous faire comprendre toute la complexité de la question de la couleur. Parfois, cela se joue sur des détails que l’on ne soupçonne même pas. Avec Obinze, l’occasion est aussi donnée de réfléchir sur la question, mais à Londres où le jeune homme parviendra à émigrer, non sans difficultés. Chacun vit des expériences différentes, chacun apprend de celles-ci… et nous aussi au passage. J’adore les livres qui m’apprennent des choses, qui me poussent à me mettre à la place d’autres individus et à tenter de comprendre ce qu’ils ressentent. Avec Americanah, j’étais servie.

Americanah m’a permis de faire la connaissance d’une jolie galerie de personnages. Ifemelu n’était plus une héroïne de papier à la fin du livre. J’avais l’impression de quitter une amie avec laquelle j’ai beaucoup appris. Ifemelu est devenue une personne au même titre qu’Obinze et d’autres personnages de l’ouvrage. Ils ont ce côté authentique qui vous fait oublier que vous lisez un livre. Vous n’avez pas envie de les quitter à la fin. En tout cas moi je n’avais pas envie de les quitter. Je serais bien restée quelque temps au Nigéria à leurs côtés. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé la romance qui se tisse au fil des pages, qui connaît des hauts, puis des bas, mais qui est aussi réaliste que ses personnages. Ce n’est pas une petite bluette, ce n’est pas une romance, c’est quelque chose de plus authentique. C’est de l’amour, celui qui est beau sans avoir besoin de moments héroïques ou d’épreuves surhumaines.

Americanah est un coup de foudre littéraire. Americanah est un livre passionnant, qui fait réfléchir sur la question de la couleur, du racisme et qui possède des personnages authentiques. Si vous le croisez dans une librairie, laissez-le tomber dans votre panier. Laissez Ifem et Obinze pénétrer dans vos vies et contez leur histoire.



Verdict : Indispensable


Ce livre rentre dans le challenge :


Encore un Chapitre © 2014