lundi 18 septembre 2017

Memorex par Cindy Van Wilder

lundi 18 septembre 2017
Résumé : 2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l’île familiale. Un an qu’Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s’est muré dans une indifférence qui la fait souffrir.
Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l’île : c’est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l’énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoites de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Titre : Memorex
Autrice : Cindy Van Wilder
Édition : Collection Électrogène, Gulf Stream


Memorex a été terminé il y a un certain temps. Je vais donc faire appel à ma mémoire pour vous en parler. Enfin, rassurez-vous, j’ai le bouquin juste à côté moi en cas de doute.

Donc Memorex, est-ce que c’est bien ? Oui. J’ai aimé suivre Réha dont l’existence est bouleversée par un terrible attentat. J’ai aimé le fait qu’elle soit parfois insupportable dans sa gestion des événements parce que perdre un de ses parents n’est pas une chose facile, qu’il faut du temps pour s’en remettre. Je l’ai donc trouvée juste dans ses réactions, dans sa manière d’être comme la majorité de son entourage. Néanmoins, j’ai un regret, celui de ne pas voir Ilse plus souvent, qu’elle ne soit pas plus présente pour participer à l’aventure, car j’ai aimé ce personnage. J'ai eu un coup de cœur pour cette demoiselle, qui n'est malheureuse que secondaire. D’ailleurs, je l’aurais bien suivie à la fin du roman. Enfin, je les aurais bien suivies à la fin du roman parce que j’étais attachée à ces demoiselles. Et pas seulement à elles.

Au niveau de l’intrigue, elle ne révolutionne pas le genre. Par contre, elle est racontée de manière efficace. J’ai apprécié l’alternance entre le présent et le passé, qui permet d’en apprendre plus sur certains personnages et sur les événements. Le mystère est classique, mais il n’en demeure pas moins intéressant, car la manière dont il est traité humainement… Ben ça sonne encore juste. D’ailleurs, en fait, ce sont les personnages de Réha, de son frère, mais aussi Holly qui donnent de la force à Memorex. Derrière l’aspect science-fiction, il est aussi question de traiter des relations humaines, du deuil et des dégâts que cela peut causer chez un être humain. Chacun réagit à sa façon… et parfois l’amour pousse à faire des choix contestables, terribles même.

J’ai aussi aimé la petite touche de romance autour de Réha. Discrète, elle ne vient pas parasiter l’intrigue principale. Elle est aussi touchante, car plutôt pudique, ce qui change en ces temps où romance rime avec passion, voire violence. Alors je ne doute pas qu’elle en frustrera certains, mais moi, elle m’a plu.

Bref, comme vous pouvez le constater, je garde un bon souvenir de Memorex. Malgré une intrigue classique, la justesse des trois adolescents (et d’Ilse qui mérite un roman) m’a permis de passer un bon moment. Je ne peux donc que conseiller ce livre. 


Verdict : Je conseille.


dimanche 10 septembre 2017

[SP] Sans Issue, Episode 1 : Le Silence par Svetlana Kirilina

dimanche 10 septembre 2017
Résumé : La guerre a laissé des traces. Des traces qu’on a tenté d’effacer. Des traces qu’on a tenté de camoufler.
Avec succès.
La vie est devenue meilleure. La vie est devenue simple.
Mais tout le monde ne semble pas de cet avis.

Titre : Sans Issue, épisode 1 : Le Silence
Auteur : Svletana Kirilina

Édition : Auto Edition





Aujourd’hui je vais vous parler du premier épisode de Sans Issue, qui m’a été confié par son autrice, Svetlana Kirilina, via SimPlement.

Dans l’ensemble, je dirais que ma lecture a été agréable. Néanmoins, je dois reconnaître que j’ai trouvé que cela s’étirait un peu en longueur sur la partie Doute de l’épisode. Ce n’est pas gênant en soi, c’est même amusant parce qu’au final c’est un moment où les personnages trouvent sans doute aussi le temps long après qu’un terrible incident soit venu bouleverser leur quotidien bien réglé.

Oui, le quotidien est bien réglé. Les habitants vivent au rythme d’une radio, qui les accompagne du réveil jusqu’au coucher. Ils ressemblent à des petits moutons qui suivent docilement leur berger, mais que se passerait-il si ce dernier venait à disparaître ? Eh bien c’est ça que ce premier épisode aborde, et bien plus encore. C’est l’occasion de voir l’homme réagir quand on lui ôte ses repères, c’est aussi une façon de voir en quoi le titre « Sans Issue » colle parfaitement à ce premier épisode…

Quand il s’est terminé, j’ai maudit l’autrice. Je ne m’attendais pas à une telle chute. Je ne pensais pas que ça arriverait si vite. Et j’ai cette terrible envie de découvrir la suite maintenant. C’est juste horrible. Pourtant j’ai lu cette autrice plusieurs fois. Je l’ai lue, je sais ce dont elle est capable, mais j’arrive encore à me faire surprendre !

Alors oui, je conseille la lecture de Sans Issue, car c’est clairement de la bonne SF, parce que l’autrice sait se renouveler sur un thème qu’elle a déjà abordé plus d’une fois et que ce serait du gâchis de passer à côté d’un de ses romans de science-fiction.
 

Je conseille

jeudi 7 septembre 2017

Interview d'E.R Link par Jupsy

jeudi 7 septembre 2017


Comme c’est ta première interview, je vais te demander de te présenter à ceux qui ne te connaîtraient pas encore !
 
Bonjour Jupsy et merci pour cette interview. Je suis E.R. Link, autrice de romans ancrés dans l’imaginaire, teintés d’aventure, de drames et de romance. Mon nom de plume vient de la fusion de mes vies réelle et virtuelle puisque c’est par Internet que j’ai commencé à publier mes histoires en 2006, sur des blogs. E.R sont les initiales de mes prénom et nom dans la vraie vie, Link est le surnom que mes lecteurs m’ont donné sur le Web.



 
Maintenant que les présentations sont faites, pourrais-tu nous expliquer d’où vient ton inspiration pour Strawberry Fields ?

Je ne saurais trop le dire de façon vraiment spécifique en fait. L’histoire s’est imposée à moi en 1995, avec deux autres très différentes : une que j’ai déjà écrite et publiée, les Compagnons de l’Arc-en-Ciel et une que j’écris actuellement.
L’inspiration peut être très mystérieuse. C’est comme si l’esprit avait longuement mûri en secret dans les limbes du cerveau pour d’un coup sortir trois briques et dire : voilà, ça, ça et ça, tu dois le raconter.
Toutefois, je vois Strawberry Fields comme la lente maturation de certaines de mes lectures de jeunesse et d’étudiante. Ce sont sûrement elles qui m’ont amenée à développer ce récit de façon inconsciente : Autant en emporte le vent, Oliver Twist, Hamlet, Alice au pays des Merveilles, Le Petit Prince, les hauts de Hurlevent, À l’ouest rien de nouveau, mais aussi des origines plus surprenantes comme Candy...

 
Pourquoi ancrer l’histoire d’Axelle et de Quentin dans la littérature de l’imaginaire, et non dans la littérature historique ?

Strawberry Fields a connu quatre versions avant de prendre sa forme actuelle. Au tout début, je voulais raconter l’histoire au XXe siècle, mais en avançant, je réalisais que cela ne cadrait pas avec l’ambiance, les situations. Je me suis naturellement retrouvée bloquée au bout de quelques chapitres, incapable à ce stade de comprendre encore d’où venait le souci.
Quelques années plus tard, j’ai tenté de reprendre dans une version historique. Si cette fois le décor, l’esprit du XIXe cadraient mieux avec mon récit, je me suis retrouvée bloquée de la même façon à la fin de la première époque, toujours sans parvenir à mettre le doigt sur l’origine du problème.
J’avais mon histoire, mes événements, mes personnages, je ne comprenais pas ce qui clochait. J’étais furieuse contre moi-même. Quelques années passent, je retente en historique. Re-blocage.
Puis, en parallèle, je me suis penchée sur l’écriture de nouvelles et j’ai découvert le steampunk. Là, ça a fait tilt ! Je n’arrivais pas à écrire, car j’étais trop enfermée dans un contexte historique réel, dépendant du lieu où se déroulait l’action, des événements de l’époque qui ne se produisaient pas forcément comme je le voulais, quand je le voulais.
Du coup, j’ai repris la rédaction en l’incluant dans un univers imaginaire, la Terre des Brumes, dont les accents steampunk m’ont permis de me libérer de la pression historique.
J’ai pioché tous les éléments du XIXe et début XXe siècles qui m’intéressaient : guerres napoléoniennes, guerre de 14/18, collèges de jeunes filles anglaises, les orphelinats religieux, les exactions des apaches de Paris, l’essor de la révolution industrielle, les tensions entre la France et l’Allemagne pour garder l’Alsace et la Lorraine, l’insouciance de la belle époque...
J’ai tout combiné à ma sauce, à travers mon propre contexte géopolitique, ma propre géographie, mes mœurs, ma religion et la magie a opéré. Tout s’est débloqué.

 
Je sais que tu es une autrice, qui se documente beaucoup pour ses romans. Sur ce roman, t’es-tu découvert une nouvelle passion ?

Je me découvre de nouvelles passions dès que j’écris un nouveau roman. La documentation, le souci du réalisme me passionnent. Où que je place l’action de mon livre, je cherche, je m’abreuve de récits, d’anecdotes. Je lis des auteurs de l’époque, des ouvrages historiques. Pour Strawberry Fields je me suis régalée avec l’argot et le langage des fleurs.
Le langage des fleurs est présent tout au long du roman, puisque la religion officielle de la Talégalle est entièrement basée dessus. Ce souci du détail me pousse à vous avouer que si vous croisez des chardons, des amandiers, des coquelicots, des saules ou des ancolies et non des buissons, des bosquets, des arbres ou des fleurs ce n’est jamais pour rien. Vous pouvez vous amuser à chercher leur signification et leur symbolisme et vous découvrirez que si la plante est nommée là, à ce moment-là c’est parce qu’elle représente : ou la situation que vous lisez, ou les sentiments d’un personnage présent dans la scène.
Pour l’argot, je m’amusais à chercher les mots les plus improbables dans une anthologie de 16 dictionnaires d’argot de 1827 à 1927, argoji, que vous pouvez trouver en libre accès sur le net. Certains termes désuets sont d’une truculence rare et un vrai bonheur à mettre dans la bouche des personnages. D’autres, que l’on emploie toujours aujourd’hui, n’avaient pas le même sens à l’époque, et c’est toujours très drôle de jouer avec la langue pour les recontextualiser dans leur état natif.

 
Un de tes personnages souffre de maladie mentale. Comment t’es-tu préparée pour traiter sa pathologie ?

Je me suis documentée sur la question. Kimberley souffre de schizophrénie à dominante catatonique avec sentiment de dépersonnalisation, à une époque où la schizophrénie n’était pas connue comme telle, mais simplement associée à la folie. Pour moi, il était hors de question de sombrer dans le cliché que l’on voit trop souvent sur le sujet : le dédoublement de personnalité.
Il y a bien un conflit de personnalité chez Kimberley, mais j’ai cherché à le rendre le plus proche possible de celui vécu par certains schizophrènes.
Pour cela j’ai bien sûr lu de nombreux témoignages de personnes souffrant de cette maladie. Les mots des malades décrivaient plus que des symptômes. Ils décrivaient leur manifestation physique et mentale. J’ai toujours à cœur d’immerger le lecteur dans le personnage et chercher à lui faire ressentir ce qu’il ressent.
J’ai également interrogé des médecins et des infirmières évoluant en hôpital psychiatrique (j’ai la chance d’avoir des amis dans le milieu médical). Leurs témoignages, leurs anecdotes, leur ressenti m’ont été très précieux dans la construction du personnage de Kimberley.

 
Quel personnage t’a donné le plus de fil à retordre lors de l’écriture ? Pour quelle raison ?

Kimberley a été pour moi très complexe à écrire. Parce que j’ai une peur viscérale de la « folie », comme Maupassant. Je craignais qu’en me plongeant dans son esprit pour mieux en faire ressentir tous les désordres à mon lecteur, je finisse par me perdre moi-même.
Sinon Charlaine a été également très compliquée à appréhender. J’ai découvert, lors de ma troisième tentative de rédaction, que c’était aussi un peu à cause d’elle que je bloquais. Elle me terrorisait. Cette fille joue à égalité avec les hommes dans un milieu d’une violence inouïe, à une époque où il était particulièrement difficile de se faire une place en tant que femme. Elle se situe même au-delà de l’égalité, elle domine les hommes, elle leur fait peur. La vie l’a abîmée physiquement et psychologiquement, pour en faire une sorte de monstre qui me collait des frissons dès que je devais écrire son nom. D’un côté, j’admire sa force de caractère, ce talent qu’elle a pour diriger avec une telle poigne des hommes dans un milieu aussi dur que les gangs de rues, mais d’un autre je ne peux pas lui pardonner sa froideur et son manque total d’empathie.

 
À l’inverse, quel personnage a été le plus facile à manier ?
 
Quentin. Il est le personnage le plus proche de moi. À travers lui, j’ai pu me livrer au lecteur, me mettre un peu à nu surtout pour décrire mon rapport à l’écriture. Il porte en lui le décalage que j’ai connu moi aussi étant enfant, époque où je n’avais que peu d’amis, car personne ne voulait jouer avec moi à cause de mon vocabulaire « compliqué » ou ma façon de transformer un simple jeu d’enfant en une aventure alambiquée.

 
Dans Strawberry Fields, le lecteur navigue entre lettres manuscrites et chapitres. À un moment donné, tu vas même jusqu’à lui proposer de résoudre des énigmes. Pourquoi ?

Je lui propose même de remplir le questionnaire à la fin du roman (raison pour laquelle je préfère conseiller la version papier à la version numérique) ! Pour l’impliquer directement dans l’action. Pour le mettre lui aussi dans la peau d’un personnage. Lui faire vivre physiquement l’aventure. Le sortir de son simple statut de lecteur, de spectateur passif et devenir un véritable personnage, le forcer à prendre part au récit en somme. Et ainsi lorsqu’il referme le livre, il a lui aussi posé sa pierre dans le Livre au trésor. Il ne lui reste plus qu’à le transmettre à son tour, afin de ne pas rompre la chaîne.

 
De nombreuses références sont présentes au sein de ton ouvrage. Shakespeare, Lewis Carroll ou Saint Exupery sont présents… mais est-ce que le sourire de Charlaine est un hommage au Joker ?

Le sourire de Charlaine est celui de Gwynplaine du roman l’Homme qui rit de Victor Hugo. Mais on pourrait dire que sa cruauté est proche de celle du Joker, en effet ! * rire *

 
Un dernier mot pour la route ?

Merci pour cette agréable interview, avec des questions pertinentes auxquelles j’ai pris un réel plaisir à répondre. Je souhaite une très longue vie à ton blog. Je sais que tu as pu recevoir des mots durs, mais je tiens à dire que j’apprécie ton honnêteté. Je sais que si un jour un de mes romans ne trouvait pas grâce à tes yeux, tu le dirais, même si nous avons à côté des relations cordiales et que nous rions bien sur d’autres sujets et c’est quelque chose de rare. Parce que cela rend les chroniques élogieuses que tu rédiges d’autant plus précieuses, d’autant plus sincères. Ne change pas. Même si le monde entier te tombe dessus. C’est toi qui es sur la bonne voie.
 

Pour aller plus loin :


dimanche 3 septembre 2017

[SP] Mayana par Voyageuse des Mots

dimanche 3 septembre 2017
Résumé : Mayana est une jeune femme promise à un brillant avenir. Elle est une apprentie guerrière douée. En très peu de temps tout va basculer. Son village natal va être détruit par les soldats du Seigneur d’Ivoire. Son apprentissage se terminera en route, l’obligeant à brûler des étapes essentielles pour grandir. Sa rencontre avec un Infernus, un terrible dragon utilisé par les ennemis comme une machine de guerre, la précipitera dans une aventure qui la dépasse. Elle va faire face à une réalité à laquelle elle n’a jamais été préparée : celle des doubles jeux et des apparences.
Très vite, une course contre la montre va s’engager pour contrer l’ennemi, l’empêchant souvent de prendre le temps de la réflexion. Elle ne va pas mener seulement une quête pour sauver l’empire mais aussi celle de son identité. Est-elle :
- Une jeune femme fragile et embourbée dans l’espace surprotégé des enseignements reçus ?
- Une jeune femme pleine de ressources qui tire parti de ses erreurs ?
Suivez ses traces.
Titre : Mayana
Auteur : Voyageuse des Mots

Édition : Auto Edition



Aujourd’hui, je vais vous parler de Mayana écrit par Voyageuse des Mots. Je tiens d’ailleurs à remercier cette dernière de m’avoir proposé ce service presse.

Autant le dire de suite, je suis dans un cas où je ne conseillerai pas le livre. En tout cas, je ne vous encouragerai pas à le lire dans son état actuel. Je dois le reconnaître, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au début. J’avais cette désagréable sensation d’être en apnée. J’ai cru que cela venait de la construction de certaines phrases, de la mise en page, puis j’ai saisi que le souci était un peu plus complexe.

Pour commencer, je vais parler de la mise en page. Au début du livre, j’ai trouvé l’ensemble trop dense. En fait, cela manquait de retour à la ligne, les paragraphes étaient trop compacts et cela participait à la sensation d’étouffement. J’aurais aimé plus d’espace entre les paragraphes, plus d’air. Cette impression a été aggravée par des phrases longues. J’en ai annoté quelques-unes dans le prologue si cela intéresse l’autrice.

Donc j’ai failli décrocher plusieurs fois durant la première partie du roman. Je me suis néanmoins accroché, car la seconde moitié du livre est nettement moins pénible à lire. Elle n’est pas parfaite, mais elle m’a permis de saisir d’où venait le problème avec Mayana.

D’ailleurs le plus grand défaut de ce livre (tout en étant sa principale qualité) c’est Mayana. Alors je m’explique. Mayana est l’héroïne. Mayana est aussi paranoïaque au départ. Elle l’est pour d’excellentes raisons. Le souci c’est qu’on est dans une narration en je. Du coup, le lecteur est dans la tête de Mayana. Il la voit donc se poser des questions, être obsédée par l’idée d’être manipulée, de se faire manipuler et de ne pas savoir vers qui se tourner.

Oui, c’est crédible. Pour avoir été victime d’emprise, je me suis reconnue en Mayana. Sauf que je ne mettrais jamais un tel personnage en je. Pourquoi ? Parce que trouver l’équilibre serait très dur et ici, l’autrice n'y est pas parvenue. La psychologie prend trop souvent sur le pas sur le reste. Elle nous fait oublier le décor et l'action. Elle nous donne l'impression que les choses n'avancent pas. C'était comme un jeu vidéo qui se mettrait trop souvent en pause et jamais au bon moment. C'est dommage. Pourquoi ? Parce que ce roman de fantasy repose sur la relation malsaine de Mayana avec d’autres personnages, ce qui lui permet de sortir des clichés habituels de la fantasy. Et c’est un bon point.

Il faut attendre la seconde partie pour que Mayana soit plus facile à lire. D’ailleurs, c’est quand elle commence à reprendre confiance qu’elle est plus aisée à suivre, que l’écriture devient plus agréable. Cela reste imparfait, car des longueurs demeurent, mais le monde autour de Mayana semble davantage exister.

Alors oui, je sais. Tous les auteurs n’aiment pas entendre des conseils de leurs lecteurs, mais là je pense que si Voyageuse des Mots élaguait un peu son ouvrage de rebondissements et de questionnements de Mayana (ou changeait la narration en elle), ce serait un livre de fantasy à découvrir. En attendant, je ne peux pas le recommander et j’en suis désolée. 


Je déconseille

vendredi 1 septembre 2017

Nutty Universes - Anthologie [SP]

vendredi 1 septembre 2017
Résumé : Cinq nouvelles, cinq manières d’aborder la thématique des univers parallèles. Des jeux vidéo, aux visions fantomatiques, en passant par un couple d’apparence ordinaire, cette anthologie vous propose des personnages confrontés à l’impensable : les mondes d’à côté. Le temps d’une lecture, vous y croirez !

Titre : Nutty Universes
Auteurs : Sonia Quémener, Charlotte Pignol, Grégory Bryon, Audrey Singh et Adel Omouri

Édition : Nutty Sheep






Aujourd’hui, je vais vous parler de nouvelles avec l’anthologie de Nutty Universes des éditions Nutty Sheep. Oui, je le reconnais, cela fait pas mal de Nutty dans la même phrase. Je remercie d’ailleurs Marie Tinet de m’avoir confié ce SP.

Thousand Lifes par Charlotte Pignol.

Si le thème de la réalité virtuelle me plaît, je dois avouer que cette nouvelle m’a laissée de marbre. L’histoire m’a paru un peu trop classique. Steven manquait de charisme à mes yeux. Il me faisait penser à une coquille vide. Après je sais que ce n’est pas évident de donner de la profondeur à un personnage dans une nouvelle. Par contre, je reconnais que la chute est réussie. Je tiens à le souligner parce que ce n’est pas toujours le cas dans des récits, c’est même plutôt rare que la fin soit plus aboutie que le début.

Riverains funestes par Adel Omouri

Ici, je dois avouer que j’ai été surprise par la tournure de la nouvelle. J’étais tellement persuadée d’être dans la science-fiction que je n’ai pas du tout pensé qu’un genre différent pourrait s’inviter. Ce fut une bonne chose, car j’ai vraiment passé un agréable moment. J'étais contente que l’on aborde d’autres sujets que celui de l’univers parallèle… et là encore la chute ne m’a pas déplu. J’ai beaucoup aimé l’ultime phrase de la nouvelle, qui résumait parfaitement la situation du personnage. C’était bien trouvé.

MiroriM par Grégory Bryon

Cette nouvelle illustre parfaitement la bêtise dont l’homme est capable. Je trouve qu’elle est une très belle métaphore de ce que l’être humain adore faire : reproduire les mêmes erreurs sans jamais en retenir la leçon. Du coup, si j’ai été agacée par le comportement de Marc, cela ne m’a pas empêché d’apprécier la nouvelle. Après je dois reconnaître que je regrette un peu la fin. Elle manque un petit peu de cynisme.

Encore heureux par Sonia Quémener

Cette nouvelle était plaisante à lire. J’ai beaucoup aimé l’idée de suivre un responsable de hotlines d’univers parallèles. Je ne l’ai pas trouvé très chanceux, mais j’ai apprécié son ton. Je dois reconnaître que je n’ai pas grand-chose à dire dessus, si ce n’est que c’était une histoire bien sympa.

Retrouvailles par Audrey Singh

Celle-ci est sans doute ma préférée de l’anthologie. Je trouve l’approche intéressante, mais aussi atroce sur le plan psychologique. Comme Riverains funestes, elle permet de développer d’autres thèmes que les univers parallèles. Ici, il est question de celui de la séparation, de l’espoir de retrouvailles et d’une fin qui était… terrible. Je ne dirai pas dans quel sens, car ce serait clairement gâché la nouvelle. Une chose est sûre, cette histoire m’a vraiment touché.

En conclusion, cette anthologie propose un lot de nouvelles intéressantes à découvrir. Je pense que je vous reparlerai de cette maison d'édition car ce SP m'a donné envie de creuser leurs autres ouvrages. (surtout que j'aime bien le format de la nouvelle et qu'il semble posséder des anthologies bien sympathiques)

Je conseille.
 
Encore un Chapitre © 2014