lundi 19 juin 2017

[SP] Trop peu par Loli Artesia

lundi 19 juin 2017
Résumé : Dans une chambre d'hôtel aux lourds rideaux noirs, deux anciens amants se retrouvent après dix ans de silence. Tentent de rejouer leur passé amoureux. Miment des gestes sans les interpréter. Sans parvenir à s'extraire d'eux-mêmes.

La chambre prend des allures de huis-clos, écho au monologue intérieur de Chloé, à la recherche d'un nouveau passé, d'un autre personnage, laissant dans cette parenthèse amoureuse un instant d'inachevé.


Titre : Trop peu

Auteur : Loli Artesia

Edition : Inside me







Pour commencer, je tiens à remercier Loli Artesia de m’avoir permis de lire son roman. Je dois reconnaître quand j’ai découvert l’extrait, avant d’accepter, sa plume m’a beaucoup plu. Pour moi, elle écrit bien, pour ne pas dire très bien. Il y a quelque chose de poétique dans ses phrases. Vraiment…

Sauf que ça n’a pas été suffisant pour que j’adhère à ce monologue intérieur. En fait, je trouve que le « tu » tue tout simplement le récit. Je n’ai rien contre l’usage de ce dernier dans un livre dont le lecteur est le héros. Dans les autres, c’est plutôt dangereux, car le « tu » as tendance à prendre parti, à accuser et à juger. Du coup si le lecteur est en désaccord avec lui, comment pourrait-il s’entendre avec jusqu’au bout du roman ? Dans mon cas, ça a été très difficile.

Oui quand le « tu » a évoqué les féministes, j’ai grincé des dents. J’avais envie de le secouer lorsqu'il énonce que le temps de la lutte est terminé. Des femmes se battent encore tous les jours pour que les leurs s’habillent comme elles veulent… ou pour que l’accouchement ne soit plus un traumatisme pour certaines d’entre d’elles. J’ai aussi tiqué sur la question de l’adultère avec les circonstances atténuantes… Je n’ai pas aimé les messages qu’il transmettait au lecteur.

Et finalement ce « tu » m’a donné l’impression de faire de la psychologie de bas étage. Peut-être parce qu’il se montre souvent trop dur de manière générale. Peut-être parce que je l’ai trouvé injuste. Peut-être aussi parce qu’il est trop vindicatif dans ses propos. Après tout, il est capable de dire à Chloé ce qu’elle n’est pas venue chercher.

Un « tu » plus nuancé aurait peut-être fonctionné. Une chose est sûre, il a fini par me lasser et j’ai galéré pour finir le roman. Pourtant je le voulais afin de comprendre ce qui se cachait vraiment derrière ce « tu ». J’ai fini par obtenir ma réponse. J’ai pu saisir certaines choses sauf que ce n’est pas suffisant pour tout excuser. Je dois reconnaître que l’idée était bonne. Je regrette juste cette exécution maladroite. Le « tu » était trop antipathique pour moi. 


Je ne conseille pas.

mercredi 14 juin 2017

La servante écarlate par Margaret Atwood

mercredi 14 juin 2017
Résumé : Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Titre : La servante écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Edition : Pavillons Poche - Robert Laffont


 
Aujourd’hui, je vais vous parler d’une dystopie, que j’aurais aimé découvrir bien plus tôt. Je veux parler de la servante écarlate écrit par Margaret Atwood, qui est désormais adapté en série. Bon, comme je ne suis pas série, j’ai opté pour le livre.

Je ne l’ai donc pas regretté. J’ai découvert un livre prenant dont le futur est glaçant de réalisme. J’ai beaucoup aimé la narration avec une héroïne qui évoque son expérience. Elle a connu l’ancien gouvernement. Elle a vécu l’arrivée du nouveau, qui a fini par l’asservir sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Elle n’a pas été la seule à ne pas le voir. Nombreux ont été ceux à n’avoir rien vu venir. Du jour au lendemain, les femmes ont ainsi été privées de leurs libertés. Mais ce n’est pas la seule chose qu’elles ont perdue…

Dans cette dystopie, le sort des femmes est terrible. Defred nous raconte le sien, celui d’une femme condamnée à se faire violer pour permettre à d’autres couples d’avoir un enfant. Si elle réussit à offrir un enfant, elle pourra éviter un séjour aux colonies, un lieu où il ne vaut pas mieux être envoyée. Au fil des pages, Defred nous décrit d’autres femmes, comme sa mère ou encore Moïra, que j’ai beaucoup apprécié et dont j’ai espéré avoir des nouvelles à chaque retour dans le présent. Cette dystopie est sombre. Les règles y sont injustes…

Mais le pire, c’est, comme souvent, ce côté si réaliste. Comme toujours, j’ai du mal à faire une chronique d’un livre qu’il vaut mieux lire pour réaliser la puissance de son propos. Si vous avez l’occasion de lire, faites-le, car ce livre a beaucoup de choses à raconter. Il pousse à réfléchir. Il est troublant. Malsain. Un chef d’œuvre. Un coup de cœur.

Je conseille.

lundi 12 juin 2017

D'amour et de Haine, tome 1 : Quand tout bascule par Sonia Alain [SP]

lundi 12 juin 2017
Résumé : 1914, l'année de tous les dangers.

Adélaïde de Beauchamp est une jeune lady qui s'est vue contrainte de quitter l'Angleterre à la suite d'un scandale. Sommée par ses parents de revenir chez elle au bout de deux ans, elle s'embarque sur l'Empress of Ireland, un paquebot luxueux qui effectue la liaison entre la ville de Québec et l'Angleterre.

En cette nuit du 29 mai, période de l'année où les eaux sont encore glaciales dans l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, l'Empress of Ireland fend doucement la nappe brumeuse lorsqu'il est soudainement embouti par un charbonnier. Personne n'aurait pu prévoir le drame !

Dès lors, le destin d'Adélaïde sera changé à tout jamais...

Titre : D’amour et de haine, tome 1 : Quand tout bascule
Auteur : Sonia Alain
Edition : Ada Editions

 
Aujourd’hui, je vais vous parler du premier tome d’amour et de haine, la nouvelle saga de romance historique écrite par Sonia Alain. Je tiens d’ailleurs à remercier cette dernière de m’avoir confié ce nouveau bébé avec une belle dédicace.

Alors ai-je été transportée par cette romance ? Oui. À un détail près. D’ailleurs, je pourrais même dire que la saga porte bien son nom. Si j’ai aimé Adélaïde, j’ai haï bien souvent Aidan. Plusieurs fois, j’ai eu envie de le gifler parce qu’il est vraiment, mais alors vraiment odieux avec Adélaïde. En plus, il ne sait pas ce qu’il veut. Bon, son passé peut toucher sauf que ça n’excuse en rien son comportement avec la jeune femme. Certes, son métier peut expliquer ses réticences à céder, mais sérieux, je l’ai trouvé d’une indécision peu professionnelle. Franchement, Adélaïde mérite mieux que ça…

Bon okay, elle a fait une grosse erreur de jeunesse. Elle s’en veut. C’est normal. Après méritait-elle de souffrir autant ? Je ne pense pas. En plus, elle a droit à des ennuis à cause d’Aidan, ce qui fait que je lui en voulais encore plus à lui. Donc oui, j’ai été profondément touchée par Adélaïde, par sa détresse suite au drame qu’elle a vécu et je pense sincèrement qu’elle mérite mieux qu’Aidan. (Non, je n’insiste pas du tout. Et je sais, l’amour a ses raisons que la raison ignore !) J’espère s’il va se racheter dans la suite de leurs aventures, et si ce n’est pas le cas, je pense que j’irais trouver une machine à remonter le temps pour lui faire la leçon. (Donc oui, je lirai le tome deux.)

Néanmoins, cette absence d’affinité à l’égard d’Aidan ne m’a pas empêché d’apprécier ce premier roman. Comme à son habitude, Sonia Alain a su prendre le temps de se documenter pour immerger son lecteur au cœur de l’année 1914. Sa plume est toujours aussi agréable à lire. Elle entraîne ses personnages dans une aventure bien rythmée où les nerfs des héros sont mis à rude épreuve. (Non ça n’excuse toujours pas Aidan) Il est clair que les amateurs de romance historique devraient trouver leur bonheur avec cette histoire dont le titre colle parfaitement à la relation entre Adélaïde et Aidan. Oui, ils s’aiment et se haïssent tout en restant attirés l’un à l’autre. 


Je conseille. 

lundi 17 avril 2017

[BD] Collaboration Horizontale par Navie et Carole Maurel

lundi 17 avril 2017
Résumé : 1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. Cet immeuble est le sanctuaire de femmes héroïques et ordinaires, veuves ou célibataires, juives ou athées, scandaleuses ou acariâtres

Titre : Collaboration Horizontale
Scénariste : Navie
Illustratrice : Carole Maurel
Édition : Delcourt


Il était une fois des femmes durant l’occupation. Il était une fois leurs vies au sein d’un immeuble. Chacune a sa vie. Chacune a ses secrets. Les apparences se révèlent trompeuses. Ou peut-être pas ? Chacune peut toucher dans sa détresse. Avec d’autres, il y a une hésitation entre la compassion ou la pitié. Une chose est sûre, les jugements sont là. Même en temps de guerre.

Rose est l’héroïne, mais elle n’est pas seule. Elle est entourée de personnages hauts en couleur. J’ai eu envie d’en gifler certains tandis que d’autres me donnaient juste envie de les serrer dans mes bras. J’ai voulu hurler à l’injustice parce que non, tout ne l’est pas. Je ne peux pas trop en dire sans prendre le risque de révéler l’intrigue, mais j’ai eu mal au cœur par moments. J’ai une tendresse particulière pour le mari de la gardienne, mais aussi Joséphine.

Les dessins servent l’histoire à merveille. Je ne suis pas une spécialiste, mais j’ai apprécié la mise en scène de certaines planches. Elles retranscrivaient à la perfection les émotions que ces moments pouvaient inspirer. Elles étaient clairement plus parlantes que les mots. J’aime beaucoup le fait qu’à la fin deux lettres nous soient révélées. C’est un véritable plus qui permet de voir certains passages différemment.

En conclusion, Collaboration Horizontale est une bande dessinée historique à découvrir. Elle lève le voile sur une partie sombre de notre Histoire. Elle nous offre une autre vision des événements et nous rappelle à quel point les préjugés peuvent être destructeurs.

Verdict : Je conseille.

lundi 20 février 2017

Queen R par Marine Mouzelard

lundi 20 février 2017


Résumé : Roxane mène la belle vie. Elle est assistante du rédacteur en chef du Women Magazine, un magazine féminin, et vit dans un bel appartement de Bruxelles avec sa meilleure amie. Elle n'a qu'un seul rêve devenir rédactrice en chef et lorsque son patron lui offre la chance d'obtenir une promotion, sa vie bascule. Entre mensonges, amours, secrets et trahisons, Roxane essaye de garder le cap et ce n'est pas pour plaire à tout le monde. Mais peut-on tout pardonner? Une délicieuse histoire pour passer un moment divertissant.

Titre : Queen R

Auteur : Marine Mouzelard

Edition : Auto édition
Date de Parution : 2015 

MAJ avril 2017 : L'autrice aurait corrigé les erreurs de français et la mise en page, ce qui rendrait le livre plus visible. Je n'ai pas été vérifiée, mais je tiens à informer de ce changement. Néanmoins je continue à déconseiller ce livre qui véhicule des clichés sexistes et dont le personnage féminin est tout sauf un exemple à suivre.


Honnêtement, je ne comprends même pas comment l’autrice peut vendre un livre dans un tel état. Je ne comprends pas comment il a pu être second à des Indés Awards.

La mise en page est totalement aléatoire. Par moment, une ligne de dialogue se retrouve isolée du texte sans raison valable. À d’autres moments, les sms surgissent dans une disposition illisible. Je ne parle pas non plus de l’espace entre le tiret et la lettre, qui dit bye bye de temps en temps. Je me suis aussi demandé où était le correcteur, car ce texte ne semble avoir bénéficié d’aucune relecture.

J’ai croisé beaucoup d'erreurs comme le pauvre i des verbes être associé à un t quand il ne le fallait pas, et voir ce même t ne pas apparaître alors qu'il était nécessaire. Je pourrais aussi évoquer les trop nombreuses répétitions qui alourdissent un style scolaire. Les phrases décrivent souvent des actions de manière mécanique et sans âme.

Par moments, certains passages n’ont aucun sens. Pourquoi une cravate rose rendrait-elle un personnage docile ?

Quant à l’histoire, il faut pouvoir la suivre. Et quand on y arrive, on se retrouve face à Roxanne, une héroïne détestable. Un exemple ? À un moment donné, elle envoie accidentellement un texto à la place de Justine. Elle reproche ensuite à cette dernière de s’être excusée auprès du destinataire pour réparer les dégâts. Pire, Roxanne est confortée par son meilleur ami, qui choisit donc de blâmer Justine, la victime de l’histoire. Sans commentaires.

Et je pourrais continuer longtemps, car les soucis sont nombreux. Queen R est clairement le brouillon d’un livre. Il n’est pas abouti. C’est scandaleux de le vendre dans cet état.

Alors oui je râle sur Queen R. Et non, je ne vous le conseille pas. Gardez votre argent pour un autre livre. Téléchargez un extrait avant d’acheter un roman. Feuilletez-le. Cela vous évitera bien des déconvenues !


jeudi 16 février 2017

La Rumeur, tome I : La fuite par Solenne Hernandez

jeudi 16 février 2017
Résumé : La crise a sévi bien plus que de raison au fil des années, au point de rendre les cœurs aussi vides que les maisons. Mais un nouveau gouvernement s'est érigé en sauveur de l'humanité : le Secteur.

Alors que le monde semble courir à sa perte, le Secteur dit avoir trouvé une solution.

Mais à quel prix ?

Dans cette vie où plus rien ne compte, les rêves sont, dit-on, devenus inestimables.

Si rares, si précieux, que le Secteur a décidé de s'en emparer.

Titre : La Rumeur, tome I : La Fuite
Auteur : Solenne Hernandez
Edition : Auto-Edition

La Fuite.

Premier tome de la Rumeur écrit par Solenne Hernandez. Si vous me suivez sur Twitter, vous avez déjà dû me voir vous conseiller cette histoire. Aujourd’hui, je me décide enfin à vous offrir mon avis en version longue sur une vraie dystopie issue de l’auto-édition.

J’ai aimé ce voyage même si tout n’y était pas parfait. Oui, la Fuite a quelques défauts, qui l’empêchent d’être un coup de cœur.

Parmi les bémols, je retiens l’absence de chapitres dans la mise en page. Il n’est pas possible de naviguer chapitre par chapitre. Alors sur un livre papier, ce n’est pas dérangeant en soi puisque l’on peut le remplir de post-it. Sur un ebook, c’est un peu plus fastidieux de retrouver certains passages. C’est un petit problème de mise en page, qui n’est pas dans le second tome.

L’autre souci réside dans le rythme de l’histoire. La Fuite n’est pas haletante. Elle aurait pu, mais comme elle met en place l’univers, il y a des moments plus calmes. Certains le sont peut-être un peu trop alors que la menace paraît bien réelle. En fait, cette baisse de rythme vient de quelques longueurs, des instants moins passionnants où les adolescents se contentent de marcher entre un retour dans le passé ou un changement de point de vue intéressant.

Maintenant que les défauts sont énoncés, évoquons les qualités.

Tout part d’une rumeur, que deux enfants veulent entendre de la bouche de leurs parents. Puis cette rumeur se dévoile au fil des chapitres pour révéler un univers difficile dans lequel il n’est pas aisé de survivre. Alors, autant le dire de suite, nous sommes face à un énième cas d’auteur sadique avec ses personnages. Elle peut avoir à faire à un enfant, à un adolescent ou un adulte, ça ne change rien. S’il faut tuer, elle tuera… et ça, c’est bien pour rendre la menace bien réelle.

J’ai aussi aimé que cette dystopie ne soit pas une de ses romances dystopiques que l’on vend aux jeunes adultes et aux adolescents… et que je ne peux plus voir en peinture. J’aime un peu trop les bonnes vieilles dystopies avec un monde effrayant parce que totalement réaliste. Ici, j’ai donc eu la joie de ne voir aucune romance plomber l’intrigue. Alors peut-être que des liens amoureux vont unir certains personnages, mais c’est totalement secondaire. Je dirais que la méfiance, les liens fraternels et l’amitié dominent. Je retiens la relation entre Oswald et Brewen notamment. Ou encore celle d’Eulalie et de Gabe.

Alors oui, les héros sont des adolescents. Pourtant, ils ne sont pas énervants. Ils ne sont pas au beau milieu d’une crise d’adolescence. Ils ne pensent pas tous savoir. Ils ne sont pas infaillibles. Ce sont des adolescents avec leurs qualités, leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses. Ce sont des êtres humains. En plus, l’autrice parvient à gérer des personnages traumatisés par ce qu’ils ont vécu. J’ai aimé Oswald alors que ce n’est pas forcément le personnage qui doit être le plus facile à écrire. J’ai un petit faible pour un personnage féminin, mais je ne peux pas trop dire son nom sans briser un effet de surprise dans l’histoire.

J’ai apprécié les retours dans le passé où l’on prend le temps d’en apprendre plus sur les nouveaux arrivants. Cela permet d’étoffer leurs backgrounds. J’ai aussi aimé le fait que ce ne soit pas systématique parce que sinon on aurait sombré dans le redondant. (Même si j’aurais voulu en savoir plus sur certains, mais le second tome sera sûrement là pour m’en apprendre plus) Les changements de point de vue étaient donc bienvenus permettant d’avoir une vue d’ensemble sur l’univers. Il n’était donc pas seulement question de suivre des adolescents dans leur quête de survie, mais aussi d’entrer dans la tête des adultes qu’ils soient ennemis ou alliés.

Quant à la fin, elle est cruelle, mais elle laisse espérer de l’action dans le prochain tome. Les promesses sont là, le potentiel aussi, il ne reste plus qu’à espérer que le tout se concrétise.

La Fuite est donc une bonne surprise dans cet océan de l’auto-édition. Quelques longueurs sont présentes, mais ne suffisent pas à gâcher le potentiel de cette histoire, l’envie de savoir quel avenir est réservé à nos adolescents. (Pas tête à claques, j’insiste ! Et j’y tiens !) Ce n’est pas un coup de cœur. Par contre c’est un bon début, qui me fait espérer que la saga dans son ensemble sera un coup de cœur !




Verdict : Prometteur

lundi 6 février 2017

Celle dont j'ai toujours rêvé par Meredith Russo

lundi 6 février 2017
Résumé : Pour devenir celle dont elle a toujours rêvé, Amanda a parcouru un chemin très éprouvant mais c’est l’amour de Grant qui va l’aider à achever sa destinée.



Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s’intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l’empêche de s’ouvrir vraiment aux autres.



Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Alors qu’ils passent de plus en plus de temps ensemble, Amanda comprend qu’en se protégeant ainsi, elle passe à côté de sa vie. Elle sait qu’elle doit se faire violence et lui révéler qui elle est vraiment, mais elle est terrifiée à l’idée que cela le fasse fuir…


Titre : Celle dont j’ai toujours rêvé

Auteur : Meredith Russo

Edition : Pocket Jeunesse


Il est 2 h du matin. J’ai fini Celle dont j’ai toujours rêvé écrit par Meredith Russo. Je l’ai lu parce qu’il était conseillé par Cindy Van Wilder, toujours de bon conseil. Je devrais être couchée. Mais non.

Je dois vous parler d’Amanda. Son histoire ne m’a pas laissée indifférente. Il est question d’une fille enfermée dans le corps d’un garçon sauf que le roman ne débute pas à cet instant-là. Il commence quand Amanda est une fille à l’intérieur et à l’extérieur. Il est question de la peur qu’elle ressent à l’idée qu’on découvre qu’elle est née garçon. À l’idée de revivre des souffrances passées. Il est question de la voir vivre sa vie.

L’autrice nous pousse à suivre Amanda dans sa nouvelle existence. De temps en temps, le passé s’invite afin de nous parler de certains moments-clés, utiles pour mieux saisir le présent de la jeune femme. Alors oui, l’amour est présent, mais j’ai trouvé que l’amitié et la relation entre Amanda et son père prenaient le dessus. D’ailleurs, la fin confirme un peu cette impression. L’essentiel n’est pas forcément qu’Amanda rencontre l’amour. Non le principal était qu’Amanda s’accepte. Qu’elle accepte que les autres puissent la voir comme elle se voit et l’aiment pour cela.

Et il y a aussi cette phrase, qui marque : « Mieux vaut n’importe quoi, n’importe qui, qu’un fils mort. » (page 19)

Mais cette mère. Que dire de cette mère ? Si ce n’est que j’ai aimé cette femme. Comme j’ai aimé Layla.

Certains passages font mal. D’autres sont beaux. J’aurais peut-être aimé que l’on s’attarde davantage à certains instants pour ajouter une couche de profondeur à cette histoire, pour aller plus loin. Après j’ai aimé le traitement de la relation entre Amanda et son père.

Puis il y a le mot de l’autrice. Où j’ai réalisé qui je n’étais pas. Du coup, je crois que ce livre, je vais vraiment avoir du mal à l’oublier.

Alors oui, je conseille Celle dont j’ai toujours rêvé. Et plutôt deux fois qu’une. 


Verdict : Indispensable

mercredi 1 février 2017

Beyond, tome 2 : Division par Lena Walker

mercredi 1 février 2017
Résumé : À des années-lumière de la Terre, Victoria va découvrir Keyon, un monde dont les habitants, d’apparence humaine, semblent étrangement vivre en paix et en parfaite harmonie. D’abord enthousiaste à l’idée de pouvoir y construire une nouvelle vie, Victoria va progressivement se rendre compte qu’elle n’a pas sa place sur cette planète.

Quels mystérieux secrets cache Keyon ? Victoria acceptera-t-elle de se plier à « la Norme » qui régit cette communauté ? Comment pourra-t-elle vivre sa relation avec Liam alors qu’éprouver des sentiments est prohibé ?

Plus forte et plus déterminée que jamais, Victoria fera tout pour découvrir la vérité et accomplir sa destinée.

Titre : Beyond, tome 1 : Division
Auteur : Lena Walker
Edition : Auto Edité



A la base, je n'avais pas prévu de lire la suite. Néanmoins j'ai décidé de donner une seconde chance à l'univers après avoir discuté avec Audrey. Peut-être que la suite réussirait à corriger les incohérences du premier ? 

Hélas non. Et voici pourquoi ce tome 2 est aussi mauvais que le premier :

Voici deux raisons objectives :

Un, la Norme n’est pas crédible puisque tous les keyoniens éprouvent des sentiments. Du coup, la base sur laquelle l'histoire repose est bancale.
Deux, les incohérences sont nombreuses. La plus grosse est la raison numéro un puisque tous les extra-terrestres éprouvent des sentiments. L’auteur va même jusqu’à les qualifier d’êtres humains sensibles.


Passons aux raisons subjectives. Rien ne vous oblige à les lire. 

Trois, Victoria est égocentrique. Elle ne pense qu’à Liam et oublie totalement ses amis et sa famille restés sur Terre. Pire, elle est déçue quand Joshua avoue être passé à autre chose. Elle s’amuse aussi à ennuyer Kayla parce qu’elle est la fiancée de Liam (or Victoria n’est plus avec ce dernier).
Quatre, si la première intrigue terrestre concernant Audrey n’est pas dénuée d’intérêt, les autres sont inintéressantes et semblent là pour remplir l’ouvrage de manière artificielle.
Cinq, les passages autour de Nick et Kate donnent une mauvaise image de Nick. En criant sur Kate, il donne l’impression de lui imposer une décision plutôt qu’un avis. La suite n’arrange rien puisque la jeune femme semble sacrifier ses études et sa carrière pour jouer les gentilles mères au foyer. Attention, ce n’est pas interdit. Une femme peut s’épanouir dans son rôle de mère, mais dans le cas présent, la situation n’est pas choisie. Elle apparaît comme imposée. Et non, ça ne passe pas avec moi. Nick est juste détestable.
Six, les combinaisons avaient-elles besoin d’être gainantes ? Fallait-il qu’ils soient tous avec des plaquettes de chocolat ? Pourquoi tout le monde doit-il être beau de cette façon-là ?

*Spoiler *

Sept, le Plan Alerte Rouge n’a aucun sens. Si la planète était vraiment en danger, pourquoi attendre si longtemps ? En plus, leurs pouvoirs leur auraient largement permis de se fondre dans la masse. Le pire c’est que ça aurait été une voie nettement plus intéressante à suivre qu’une énième invasion. En plus ils ont un paquet de technologies sous-entendant qu'un exil était possible.
Huit, pourquoi ne pas tuer Victoria directement ? Pourquoi s’embarrasser d’elle ? Ah oui, je sais. Sans elle, pas de romance.

*Fin du Spoiler* 

Neuf, Liam n’est pas un prince charmant. Il est lâche, car il refuse d’évoquer le cas de sa fiancée avec Victoria. Il reproche quand même tout un tas de choses à Victoria et ne la croit pas. Pire, il refuse que la jeune femme se sépare de lui et réclame qu’elle lui accorde une chance de la détromper. Alors là, j’avais envie de le gifler parce qu’il était très mal placé pour réclamer ça. Il lui a menti, il lui fait des reproches sans arrêt. Rien ne peut excuser un tel comportement. Et Victoria a eu raison de rompre avec lui. (Hélas, elle se remet avec...)


En conclusion, Division n’est pas meilleur que le premier tome. Si vous aimez la science-fiction, les œuvres cohérentes et la romance, je vous le déconseille fortement. Pour les autres, c'est à vos risques et périls.


Verdict : Non conseillé



mardi 31 janvier 2017

Les Annales du Disque-Monde : Pieds d'Argile par Terry Pratchett

mardi 31 janvier 2017

Résumé :
À Ankh-Morpock, le Guet a de nouveau fort à faire. Deux vieillards ont été assassinés tandis que le Patricien est victime d'un empoisonnement. Pour l'équipe de police (troll, nain, louve-garou et autres non-humains), le mystère est total, le coupable insaisissable.
Les différentes guildes de la ville profitent de la panique générale pour comploter... Et chose étrange, les golems se mettent soudain à se comporter d'une drôle de manière. Comme s'ils étaient vivants. Et contrôlés par un mystérieux maître...
Mais le commissaire Samuel Vimaire en a vu d'autres et son équipe a fait de remarquables progrès...



Titre : Pieds d'argile

Auteur : Terry Pratchett

Édition : Pocket


J’aime le Guet. Vous le saviez déjà ? Eh bien, sachez que ce roman n’a rien changé à mon amour pour cette équipe de bras cassés chargée de protéger Ankh-Morpock et ses habitants.

Pieds d’Argile est donc un bon crû. Ce roman est un savoureux mélange entre humour et enquête. Si vous aimez les robots d’Isaac Asimov, alors les golems ne devraient pas vous laisser indifférents. En tout cas, moi, j’ai beaucoup aimé l’intrigue autour de ces golems, sur le fait qu’ils soient exploités par les autres et méprisés. J’ai aussi apprécié la question de l’affirmation de soi avec le nain (ou plutôt la naine) Hilare Petitcul qui se retrouve à bousculer les traditions naines (et ce cher Carotte) afin d’assumer sa féminité comme elle l’entend. En plus, c’est Angua, qui a du mal avec sa propre nature, qui l’aide dans ce but.

Vimaire est bien sûr là avec ses échanges toujours aussi savoureux avec le Patricien ou encore Carotte. Alors autant, ce dernier est super au niveau des golems, autant il l’est moins avec Hilaria… et il est toujours aussi largué dans sa relation avec Angua. Ou plutôt Angua est larguée par le fait que Carotte pense à sa façon et ne saisisse pas son humour. J’adore ce petit couple. Ils sont trop mignons… et puis j’adore Angua. Et Vimaire. Et Carotte. Non, ne me demandez pas de choisir, je ne saurais pas lequel choisir. Ou si Angua.

Mais aussi Vimaire. Et Carotte.

Bref, je n’ai pas parlé de tout. Il y a tellement de richesses dans les romans des Annales qu’il faudrait plus d’une chronique pour en faire le tour. Je me suis donc concentrée sur l’essentiel, sur ce que j’ai retenu d’une lecture, qui commence à dater. Sans l’once d’une hésitation, je vous recommande Pieds d’Argile pour son humour, son sérieux aussi, l’enquête et les thèmes qui y sont abordés !


***

Verdict : A lire




lundi 23 janvier 2017

Les Frères Ténébreux, tome 4 : Le Scandale de la suffragette par Courtney Milan

lundi 23 janvier 2017
Résumé : Frederica Marshall est une fervente suffragette et une femme obstinée même si elle se confronte à des ennemis de plus en plus nombreux. Abandonné par sa famille, Edward Clark est devenu un faussaire et rêve de vengeance. Quand ces mêmes proches font le vœu de provoquer la ruine de Frederica Marshall, il propose son aide à la jeune femme afin de prendre sa revanche. Mais au moment où il prend conscience que l'envoûtante Miss Marshall a ravi son cœur, il est trop tard. Il sait qu'il sera contraint de lui révéler son passé scandaleux au risque de la perdre à tout jamais…

Titre : Les Frères Ténébreux, tome 4 : Le Scandale de la suffragette
Auteur : Courtney Milan

Édition : Milady Romance




Frederica Marshall, ou Free pour les intimes est la sœur d’Oliver. Quand je l’ai vue apparaître pour la première fois, j’ai souhaité qu’un tome lui soit consacré. Mon vœu a été exaucé avec le Scandale de la suffragette. Cette fois-ci, il n’est pas donc pas question d’un frère ténébreux, mais d’une sœur soucieuse du droit accordé aux femmes. Rédactrice en chef d’un journal, Free ne recule devant rien pour faire entendre ses opinions. Elle n’hésite pas à s’infiltrer dans certains milieux, ce qui ne manquera pas de lui laisser quelques mauvais souvenirs. Plus têtue qu’une mule, elle a de nombreux ennemis qui aimeraient bien la voir se taire une bonne fois pour toutes. Free est mon héroïne. Avec Violet, elles auront toujours une place particulière dans mon cœur.

Sa route va croiser celle d’Edward Clark, un faussaire dont le cynisme va se heurter aux idéaux de la jeune femme. Pourtant il va réussir à s’imposer pour jouer les protecteurs avec des intentions qui n’ont rien de louable. Pour lui, Free n’est qu’un pion censé l’aider à prendre sa revanche contre son frère. Il ne le fait donc pas parce qu’il partage le combat de la jeune femme. En fait, pour lui, elle a perdu d’avance et se fatigue pour rien. Ils ne semblent donc pas faits pour s’entendre… Et pourtant… Pourtant l’amour va s’inviter au sein de leur relation et entraîner quelques complications où les sentiments vont devoir s’associer aux principes de l’un et de l’autre.

Si la romance n’a pas l’intensité de celle entre Violet et Sebastian, elle sonne juste et touche de manière différente. Elle n’est d’ailleurs pas la seule histoire d’amour au sein du roman. Il en existe une autre, moins conventionnelle et dont je ne peux rien dire sous peine de gâcher la surprise. Par contre, je peux révéler que j’étais heureuse pour ce personnage, mais aussi ravie de voir l’auteur oser conter une telle romance dans un historique. Qu’est-ce que j’aime quand la bienséance est contournée de la sorte ! Merci à Courtney Milan de sortir des sentiers battus !

Oui, j’ai aimé ce tome. Oui, j’en redemande. J’espère que les novellas seront toutes traduites, surtout que l’une d’entre elles met en scène une héroïne noire, ce qui permet de traiter du racisme à l’époque de la saga. Je souhaite aussi que la plume de Courtney Milan inspire d’autres auteurs à créer des personnages de la trempe de Free, de Violet, de Jane ou encore de Sebastian que ce soit dans la romance historique, contemporaine ou dans la littérature en général.

Et comme vous l’aurez compris, je recommande donc ce quatrième tome et ces prédécesseurs. 

Verdict : Une réussite 

lundi 9 janvier 2017

[Comics] Bitch Planet, Volume un : Extraordinary Machine par Kelly Sue DeConnick et Valentine De Landro

lundi 9 janvier 2017
Résumé : Seule une vraie femme peut survivre à... Bitch Planet !

Le futur. Le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté doivent être « rééduquées ». À l issue d un discours évangélisateur psalmodié en boucle dans leur sommeil, elles sont expédiées dans l établissement auxiliaire de conformité, une prison pour femmes en orbite au-dessus de la Terre. Ces rebelles qui rejettent les règles masculines vont ainsi découvrir les joies de la vie carcérale dans cette boîte de métal que l on appelle « Bitch Planet. »


Titre : Bitch Planet, volume I : Extraordinary Machine

Auteur : Kelly SuDeconnick et Valentine De Landro

Edition : Glénat Comics



Bitch Planet, qu’est-ce que c’est ? Un comics dystopique où les femmes se doivent de rentrer dans la norme sous peine d’être envoyées sur Bitch Planet. En somme si elles sont trop grosses, trop noires, trop timides, trop maigres, trop sexy, trop prudes ou pas assez bien pour la société patriarcale, elles sont éjectées et conduites dans une prison où l’hologramme de la femme parfaite vient les seriner avec la norme et leur expliquer qu’elles ne doivent surtout pas être non-conformes. N’est-ce pas charmant ?

Mais toutes les détenues ne vont pas se laisser faire. À commencer par ma préférée : Rolle Pénélope surnommée Penny. Son crime ? Elle se plaît comme elle est. Bon d’accord, ce n’est pas un délit en apparence sauf qu’elle est trop grosse pour la société. Elle est un monstre à leurs yeux, mais elle s’en moque. Penny s’aime et n’est pas décidée à se laisser faire. À ses côtés se trouve aussi Kamau Kogo, qui va rapidement prendre la position de leader malgré elle. Une offre lui sera faite, celle de constituer une équipe d’un sport relativement violent. Elle va alors réfléchir aux avantages et désavantages de cette offre en compagnie d’autres détenues avec de la suite dans les idées.

Ce premier volume met clairement en place l’univers. J’ai beaucoup aimé la manière dont était construite la première histoire, qui donne un aperçu glaçant du monde de Bitch Planet. Je retiens également toute la partie centrée autour de Penny où le message est de s’aimer comme on est. J’ai aussi apprécié les pages de publicités vintage, qui permettent de souligner les attentes que les hommes ont des femmes dans cette société si proche de la nôtre. Quant aux héroïnes, j’ai apprécié le fait qu’elles viennent de divers univers, que les femmes racisées soient plus nombreuses, car cela rend le tout plus crédible. (Soyons honnêtes, même si les femmes blanches sont soumises au sexisme, elles ont quand même des privilèges que n’ont pas les femmes noires, asiatiques, etc.) Elles ont aussi du caractère et font du bien dans le paysage de la littérature où les personnages féminins sont encore trop souvent cantonnés à des rôles peu reluisants.

En somme, Bitch Planet est un comics qui fait du bien. Il propose un univers dystopique glaçant par sa proximité avec le nôtre, mais aussi des personnages féminins intéressants. Il invite les filles à s’aimer comme elles sont, à ne pas se laisser enfermer dans un moule dans lequel il est difficile de rentrer. En plus, Glénat a ajouté un dossier à la fin sur le féminisme avec des interviews, des témoignages et des exemples de femmes non conformistes ayant marqué l’histoire. Bref, Bitch Planet mérite clairement qu’on y jette un œil ! Et je me ruerais sur la suite dès qu’elle sortira !


Verdict : Indispensable

lundi 2 janvier 2017

Je râle #4 : Le Sexisme

lundi 2 janvier 2017
Aujourd’hui, j’ai envie de râler sur le sexisme dans les romans.

J’aimerais que les baisers imposés aient des conséquences réelles, qu’ils ne soient pas passés sous silence ou pire validés par la romance naissante entre les deux personnages.

J’aimerais que le personnage masculin n’interdise pas à l’héroïne de rompre. J’aimerais qu’elle en tienne compte au lieu d’accorder le droit à cet individu de la faire changer d’avis.

J’aimerais que la romance ne transforme pas le syndrome de Stockholm en nouveau conte de fées moderne. Non, ce n’est pas sain de tomber amoureuse de son kidnappeur même si ce dernier se repend à la fin et qu’il a vécu des choses difficiles.

J’aimerais que l’héroïne n’écoute pas le personnage masculin quand il prétend savoir mieux qu’elle ce qui est bien pour son avenir. J’aimerais qu’elle l’envoie bouler au lieu d’accepter de sacrifier ses études pour aller travailler afin de payer les siennes à lui.

J’aimerais que l’on cesse de traiter de pute les héroïnes qui trompent leurs petits copains ou qui accumulent les aventures. J’aimerais que l’on arrête de trouver ça sexy chez son homologue masculin.

J’aimerais que l’héroïne demande une ordonnance à la justice pour interdire au mâle sexy qui la stalke de l’approcher à plus de dix mètres. Non ! Ce n’est pas mignon un mec qui vous suit partout sous prétexte qu’il vous trouve mignonne.

Et ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres. Alors oui, me direz-vous, ce ne sont que des histoires. Sauf que non. Ce n’est pas aussi simple. Ce n’est pas parce que c’est un roman que l’on ne doit pas dénoncer des comportements problématiques. Bien au contraire, il faut le faire. Il faut le souligner quand un livre valide des choses inacceptables. Il entretient la culture du viol et ce n’est clairement pas une bonne chose. Un viol n’a rien de sexy. Un non n’est pas un oui. La fille n’a pas à sacrifier son bien-être pour un garçon. Le consentement, ce n’est pas pour le chien…

Alors ce serait bien que les romans s’y mettent, que leurs auteurs fassent l’effort de s’y mettre afin qu’une majorité de romans ne soient plus sexistes.

Et merci à tous les auteurs qui font déjà cet effort.
Encore un Chapitre © 2014