jeudi 5 octobre 2017

[SP] Mutation par Marie Tinet

jeudi 5 octobre 2017
Résumé : Courir. Fuir. C’est mon quotidien désormais. Les monstres me traquent, ils ne s’arrêtent jamais. Je les entends, ils arrivent...
Titre : Mutation
Auteurs : Marie Tinet

Édition : Nutty Sheep






Aujourd’hui, je vais vous parler de Mutation, une nouvelle signée Marie Tinet. (qu’elle m’a gentiment confié)

Là où certaines histoires ont un titre qui nous laisse perplexes, ce n’est pas le cas de Mutation. Cette nouvelle porte bien son nom. Il est question de suivre un personnage principal lors d’un moment-clé de son existence. Comme d’habitude avec les récits courts, il faut savoir raconter les choses de manière efficace. J’ai trouvé que Marie Tinet s’en tirait avec les honneurs. Je ne me suis pas sentie frustrée ce qui peut arriver avec les textes les plus brefs. Si je n’ai pas été surprise par la tournure des événements, je n’ai pas été déçue non plus. Je me suis laissée porter par la plume de l’autrice. Je n’ai pas vu le temps passé. J’ai été touchée par l’héroïne, qui connaît un moment difficile, pour ne pas dire totalement horrible.

En somme, j’ai aimé Mutation. Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est une nouvelle réussie.


Je conseille.

dimanche 24 septembre 2017

Aurélien, sa dinde et moi : Divorces et conséquences par Claire Bianchi

dimanche 24 septembre 2017
Résumé :
Que faire lorsque vous êtes avocate spécialisée en divorces, ne croyez pas au mariage et que votre meilleur ami (mais pas que) vous annonce sa merveilleuse union avec une inconnue, parfaite sous tous rapports ?

Olivia Coste, a la réponse évidente : l’en dissuader à tout prix !

Prête à tout pour sauver Aurélien de ce qui ne peut-être qu’un échec annoncé, Olivia va se lancer dans une désopilante croisade, de Hong Kong à Tokyo, avec pour seules armes ses certitudes, son culot et une volonté de fer.

Résultats surprenants garantis pour cette héroïne que vous allez adorer détester, avant de l’adorer tout court !

Une comédie romantique feelgood qui vous réserve son lot de surprises !


Titre : Aurélien, sa dinde et moi
Autrice : Claire Bianchi
Édition : Auto édition


Aujourd’hui, je retourne du côté de l’auto-édition pour vous parler d’Aurélien, sa dinde et moi, un roman écrit par Claire Bianchi.

Autant le dire de suite, je n’ai pas adhéré à cet ouvrage. Je n’ai rien contre les narrateurs présentés comme des anti-héros, certains passent bien, d’autres non. Dans le cas présent, je n’ai pas apprécié le personnage principal. Son égoïsme m’a tapé sur les nerfs. J’ai eu envie de la voir se vautrer tout au long du roman. J’aurais voulu qu’elle apprenne à encaisser même si c’est dur de voir l’homme qu’on aime choisir une autre femme… Mais ça n’arrive jamais.

En fait, le pire ce n’est pas que ce livre soit une comédie romantique basé sur l’un des principes les plus moches des romances (avouer à son meilleur ami qu’on l’aime alors qu’il va se marier). Non le pire c’est que ce livre est problématique sur un autre point : la population asiatique.

Alors, je peux comprendre qu’Olivia déteste sa rivale. Je peux saisir qu’elle ait des préjugés. Je n’adhère pas au fait qu’ils ne sont jamais remis en cause. Je n’accepte pas que les deux seuls personnages féminins asiatiques soient présentés comme des manipulatrices vénales. Je n’accepte pas le fait qu’il n’y ait aucune représentation féminine positive d’origine asiatique. Pourtant Olivia se fait une amie en Chine… sauf que c’est une expatriée européenne à la peau cuivrée. Je pourrais aussi évoquer la comparaison douteuse des yeux de Jennifer Li avec ceux des mangas… Ne pouvait-elle pas s’en prendre à autre chose ?

Oui, je sais, vous allez me dire, c’est sa rivale ! Elle a bien le droit d’être injuste. Sauf que non. Je suis désolée. À un moment donné, il faut arrêter de trouver des excuses au racisme. Je n’approuve pas le fait qu’une narratrice le soit si personne n’est là pour l’aider à changer de point de vue ou la remettre à sa place. Je n’aime pas l’image dépeinte par ce roman.

En plus, la Chine et le Japon ne sont que des excuses pour apporter du dépaysement à l’intrigue. Cela n’apporte rien. La rivale aurait très bien pu être blanche. Le cas de divorce de la Thaïlandaise aurait très bien pu, ne pas être évoqué. Alors oui les mariages blancs ça existe, mais où est l’intérêt pour l’intrigue ? Aider Olivia à voir qu’Aurélien et Jennifer ne s’aiment pas ? Même pas. La seule chose que ça fait, c’est enfermer les racisés dans des rôles négatifs. 

Donc non. Je n'ai pas aimé détesté l'héroïne. Je l'ai détestée tout court. J'ai détesté le racisme à l'encontre de la population asiatique. Je ne conseille donc pas ce livre et le goût amer qu'il m'a laissée. 

Je ne conseille pas.



lundi 18 septembre 2017

Memorex par Cindy Van Wilder

lundi 18 septembre 2017
Résumé : 2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l’île familiale. Un an qu’Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s’est muré dans une indifférence qui la fait souffrir.
Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l’île : c’est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l’énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoites de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Titre : Memorex
Autrice : Cindy Van Wilder
Édition : Collection Électrogène, Gulf Stream


Memorex a été terminé il y a un certain temps. Je vais donc faire appel à ma mémoire pour vous en parler. Enfin, rassurez-vous, j’ai le bouquin juste à côté moi en cas de doute.

Donc Memorex, est-ce que c’est bien ? Oui. J’ai aimé suivre Réha dont l’existence est bouleversée par un terrible attentat. J’ai aimé le fait qu’elle soit parfois insupportable dans sa gestion des événements parce que perdre un de ses parents n’est pas une chose facile, qu’il faut du temps pour s’en remettre. Je l’ai donc trouvée juste dans ses réactions, dans sa manière d’être comme la majorité de son entourage. Néanmoins, j’ai un regret, celui de ne pas voir Ilse plus souvent, qu’elle ne soit pas plus présente pour participer à l’aventure, car j’ai aimé ce personnage. J'ai eu un coup de cœur pour cette demoiselle, qui n'est malheureuse que secondaire. D’ailleurs, je l’aurais bien suivie à la fin du roman. Enfin, je les aurais bien suivies à la fin du roman parce que j’étais attachée à ces demoiselles. Et pas seulement à elles.

Au niveau de l’intrigue, elle ne révolutionne pas le genre. Par contre, elle est racontée de manière efficace. J’ai apprécié l’alternance entre le présent et le passé, qui permet d’en apprendre plus sur certains personnages et sur les événements. Le mystère est classique, mais il n’en demeure pas moins intéressant, car la manière dont il est traité humainement… Ben ça sonne encore juste. D’ailleurs, en fait, ce sont les personnages de Réha, de son frère, mais aussi Holly qui donnent de la force à Memorex. Derrière l’aspect science-fiction, il est aussi question de traiter des relations humaines, du deuil et des dégâts que cela peut causer chez un être humain. Chacun réagit à sa façon… et parfois l’amour pousse à faire des choix contestables, terribles même.

J’ai aussi aimé la petite touche de romance autour de Réha. Discrète, elle ne vient pas parasiter l’intrigue principale. Elle est aussi touchante, car plutôt pudique, ce qui change en ces temps où romance rime avec passion, voire violence. Alors je ne doute pas qu’elle en frustrera certains, mais moi, elle m’a plu.

Bref, comme vous pouvez le constater, je garde un bon souvenir de Memorex. Malgré une intrigue classique, la justesse des trois adolescents (et d’Ilse qui mérite un roman) m’a permis de passer un bon moment. Je ne peux donc que conseiller ce livre. 


Verdict : Je conseille.


dimanche 10 septembre 2017

[SP] Sans Issue, Episode 1 : Le Silence par Svetlana Kirilina

dimanche 10 septembre 2017
Résumé : La guerre a laissé des traces. Des traces qu’on a tenté d’effacer. Des traces qu’on a tenté de camoufler.
Avec succès.
La vie est devenue meilleure. La vie est devenue simple.
Mais tout le monde ne semble pas de cet avis.

Titre : Sans Issue, épisode 1 : Le Silence
Auteur : Svletana Kirilina

Édition : Auto Edition





Aujourd’hui je vais vous parler du premier épisode de Sans Issue, qui m’a été confié par son autrice, Svetlana Kirilina, via SimPlement.

Dans l’ensemble, je dirais que ma lecture a été agréable. Néanmoins, je dois reconnaître que j’ai trouvé que cela s’étirait un peu en longueur sur la partie Doute de l’épisode. Ce n’est pas gênant en soi, c’est même amusant parce qu’au final c’est un moment où les personnages trouvent sans doute aussi le temps long après qu’un terrible incident soit venu bouleverser leur quotidien bien réglé.

Oui, le quotidien est bien réglé. Les habitants vivent au rythme d’une radio, qui les accompagne du réveil jusqu’au coucher. Ils ressemblent à des petits moutons qui suivent docilement leur berger, mais que se passerait-il si ce dernier venait à disparaître ? Eh bien c’est ça que ce premier épisode aborde, et bien plus encore. C’est l’occasion de voir l’homme réagir quand on lui ôte ses repères, c’est aussi une façon de voir en quoi le titre « Sans Issue » colle parfaitement à ce premier épisode…

Quand il s’est terminé, j’ai maudit l’autrice. Je ne m’attendais pas à une telle chute. Je ne pensais pas que ça arriverait si vite. Et j’ai cette terrible envie de découvrir la suite maintenant. C’est juste horrible. Pourtant j’ai lu cette autrice plusieurs fois. Je l’ai lue, je sais ce dont elle est capable, mais j’arrive encore à me faire surprendre !

Alors oui, je conseille la lecture de Sans Issue, car c’est clairement de la bonne SF, parce que l’autrice sait se renouveler sur un thème qu’elle a déjà abordé plus d’une fois et que ce serait du gâchis de passer à côté d’un de ses romans de science-fiction.
 

Je conseille

jeudi 7 septembre 2017

Interview d'E.R Link par Jupsy

jeudi 7 septembre 2017


Comme c’est ta première interview, je vais te demander de te présenter à ceux qui ne te connaîtraient pas encore !
 
Bonjour Jupsy et merci pour cette interview. Je suis E.R. Link, autrice de romans ancrés dans l’imaginaire, teintés d’aventure, de drames et de romance. Mon nom de plume vient de la fusion de mes vies réelle et virtuelle puisque c’est par Internet que j’ai commencé à publier mes histoires en 2006, sur des blogs. E.R sont les initiales de mes prénom et nom dans la vraie vie, Link est le surnom que mes lecteurs m’ont donné sur le Web.



 
Maintenant que les présentations sont faites, pourrais-tu nous expliquer d’où vient ton inspiration pour Strawberry Fields ?

Je ne saurais trop le dire de façon vraiment spécifique en fait. L’histoire s’est imposée à moi en 1995, avec deux autres très différentes : une que j’ai déjà écrite et publiée, les Compagnons de l’Arc-en-Ciel et une que j’écris actuellement.
L’inspiration peut être très mystérieuse. C’est comme si l’esprit avait longuement mûri en secret dans les limbes du cerveau pour d’un coup sortir trois briques et dire : voilà, ça, ça et ça, tu dois le raconter.
Toutefois, je vois Strawberry Fields comme la lente maturation de certaines de mes lectures de jeunesse et d’étudiante. Ce sont sûrement elles qui m’ont amenée à développer ce récit de façon inconsciente : Autant en emporte le vent, Oliver Twist, Hamlet, Alice au pays des Merveilles, Le Petit Prince, les hauts de Hurlevent, À l’ouest rien de nouveau, mais aussi des origines plus surprenantes comme Candy...

 
Pourquoi ancrer l’histoire d’Axelle et de Quentin dans la littérature de l’imaginaire, et non dans la littérature historique ?

Strawberry Fields a connu quatre versions avant de prendre sa forme actuelle. Au tout début, je voulais raconter l’histoire au XXe siècle, mais en avançant, je réalisais que cela ne cadrait pas avec l’ambiance, les situations. Je me suis naturellement retrouvée bloquée au bout de quelques chapitres, incapable à ce stade de comprendre encore d’où venait le souci.
Quelques années plus tard, j’ai tenté de reprendre dans une version historique. Si cette fois le décor, l’esprit du XIXe cadraient mieux avec mon récit, je me suis retrouvée bloquée de la même façon à la fin de la première époque, toujours sans parvenir à mettre le doigt sur l’origine du problème.
J’avais mon histoire, mes événements, mes personnages, je ne comprenais pas ce qui clochait. J’étais furieuse contre moi-même. Quelques années passent, je retente en historique. Re-blocage.
Puis, en parallèle, je me suis penchée sur l’écriture de nouvelles et j’ai découvert le steampunk. Là, ça a fait tilt ! Je n’arrivais pas à écrire, car j’étais trop enfermée dans un contexte historique réel, dépendant du lieu où se déroulait l’action, des événements de l’époque qui ne se produisaient pas forcément comme je le voulais, quand je le voulais.
Du coup, j’ai repris la rédaction en l’incluant dans un univers imaginaire, la Terre des Brumes, dont les accents steampunk m’ont permis de me libérer de la pression historique.
J’ai pioché tous les éléments du XIXe et début XXe siècles qui m’intéressaient : guerres napoléoniennes, guerre de 14/18, collèges de jeunes filles anglaises, les orphelinats religieux, les exactions des apaches de Paris, l’essor de la révolution industrielle, les tensions entre la France et l’Allemagne pour garder l’Alsace et la Lorraine, l’insouciance de la belle époque...
J’ai tout combiné à ma sauce, à travers mon propre contexte géopolitique, ma propre géographie, mes mœurs, ma religion et la magie a opéré. Tout s’est débloqué.

 
Je sais que tu es une autrice, qui se documente beaucoup pour ses romans. Sur ce roman, t’es-tu découvert une nouvelle passion ?

Je me découvre de nouvelles passions dès que j’écris un nouveau roman. La documentation, le souci du réalisme me passionnent. Où que je place l’action de mon livre, je cherche, je m’abreuve de récits, d’anecdotes. Je lis des auteurs de l’époque, des ouvrages historiques. Pour Strawberry Fields je me suis régalée avec l’argot et le langage des fleurs.
Le langage des fleurs est présent tout au long du roman, puisque la religion officielle de la Talégalle est entièrement basée dessus. Ce souci du détail me pousse à vous avouer que si vous croisez des chardons, des amandiers, des coquelicots, des saules ou des ancolies et non des buissons, des bosquets, des arbres ou des fleurs ce n’est jamais pour rien. Vous pouvez vous amuser à chercher leur signification et leur symbolisme et vous découvrirez que si la plante est nommée là, à ce moment-là c’est parce qu’elle représente : ou la situation que vous lisez, ou les sentiments d’un personnage présent dans la scène.
Pour l’argot, je m’amusais à chercher les mots les plus improbables dans une anthologie de 16 dictionnaires d’argot de 1827 à 1927, argoji, que vous pouvez trouver en libre accès sur le net. Certains termes désuets sont d’une truculence rare et un vrai bonheur à mettre dans la bouche des personnages. D’autres, que l’on emploie toujours aujourd’hui, n’avaient pas le même sens à l’époque, et c’est toujours très drôle de jouer avec la langue pour les recontextualiser dans leur état natif.

 
Un de tes personnages souffre de maladie mentale. Comment t’es-tu préparée pour traiter sa pathologie ?

Je me suis documentée sur la question. Kimberley souffre de schizophrénie à dominante catatonique avec sentiment de dépersonnalisation, à une époque où la schizophrénie n’était pas connue comme telle, mais simplement associée à la folie. Pour moi, il était hors de question de sombrer dans le cliché que l’on voit trop souvent sur le sujet : le dédoublement de personnalité.
Il y a bien un conflit de personnalité chez Kimberley, mais j’ai cherché à le rendre le plus proche possible de celui vécu par certains schizophrènes.
Pour cela j’ai bien sûr lu de nombreux témoignages de personnes souffrant de cette maladie. Les mots des malades décrivaient plus que des symptômes. Ils décrivaient leur manifestation physique et mentale. J’ai toujours à cœur d’immerger le lecteur dans le personnage et chercher à lui faire ressentir ce qu’il ressent.
J’ai également interrogé des médecins et des infirmières évoluant en hôpital psychiatrique (j’ai la chance d’avoir des amis dans le milieu médical). Leurs témoignages, leurs anecdotes, leur ressenti m’ont été très précieux dans la construction du personnage de Kimberley.

 
Quel personnage t’a donné le plus de fil à retordre lors de l’écriture ? Pour quelle raison ?

Kimberley a été pour moi très complexe à écrire. Parce que j’ai une peur viscérale de la « folie », comme Maupassant. Je craignais qu’en me plongeant dans son esprit pour mieux en faire ressentir tous les désordres à mon lecteur, je finisse par me perdre moi-même.
Sinon Charlaine a été également très compliquée à appréhender. J’ai découvert, lors de ma troisième tentative de rédaction, que c’était aussi un peu à cause d’elle que je bloquais. Elle me terrorisait. Cette fille joue à égalité avec les hommes dans un milieu d’une violence inouïe, à une époque où il était particulièrement difficile de se faire une place en tant que femme. Elle se situe même au-delà de l’égalité, elle domine les hommes, elle leur fait peur. La vie l’a abîmée physiquement et psychologiquement, pour en faire une sorte de monstre qui me collait des frissons dès que je devais écrire son nom. D’un côté, j’admire sa force de caractère, ce talent qu’elle a pour diriger avec une telle poigne des hommes dans un milieu aussi dur que les gangs de rues, mais d’un autre je ne peux pas lui pardonner sa froideur et son manque total d’empathie.

 
À l’inverse, quel personnage a été le plus facile à manier ?
 
Quentin. Il est le personnage le plus proche de moi. À travers lui, j’ai pu me livrer au lecteur, me mettre un peu à nu surtout pour décrire mon rapport à l’écriture. Il porte en lui le décalage que j’ai connu moi aussi étant enfant, époque où je n’avais que peu d’amis, car personne ne voulait jouer avec moi à cause de mon vocabulaire « compliqué » ou ma façon de transformer un simple jeu d’enfant en une aventure alambiquée.

 
Dans Strawberry Fields, le lecteur navigue entre lettres manuscrites et chapitres. À un moment donné, tu vas même jusqu’à lui proposer de résoudre des énigmes. Pourquoi ?

Je lui propose même de remplir le questionnaire à la fin du roman (raison pour laquelle je préfère conseiller la version papier à la version numérique) ! Pour l’impliquer directement dans l’action. Pour le mettre lui aussi dans la peau d’un personnage. Lui faire vivre physiquement l’aventure. Le sortir de son simple statut de lecteur, de spectateur passif et devenir un véritable personnage, le forcer à prendre part au récit en somme. Et ainsi lorsqu’il referme le livre, il a lui aussi posé sa pierre dans le Livre au trésor. Il ne lui reste plus qu’à le transmettre à son tour, afin de ne pas rompre la chaîne.

 
De nombreuses références sont présentes au sein de ton ouvrage. Shakespeare, Lewis Carroll ou Saint Exupery sont présents… mais est-ce que le sourire de Charlaine est un hommage au Joker ?

Le sourire de Charlaine est celui de Gwynplaine du roman l’Homme qui rit de Victor Hugo. Mais on pourrait dire que sa cruauté est proche de celle du Joker, en effet ! * rire *

 
Un dernier mot pour la route ?

Merci pour cette agréable interview, avec des questions pertinentes auxquelles j’ai pris un réel plaisir à répondre. Je souhaite une très longue vie à ton blog. Je sais que tu as pu recevoir des mots durs, mais je tiens à dire que j’apprécie ton honnêteté. Je sais que si un jour un de mes romans ne trouvait pas grâce à tes yeux, tu le dirais, même si nous avons à côté des relations cordiales et que nous rions bien sur d’autres sujets et c’est quelque chose de rare. Parce que cela rend les chroniques élogieuses que tu rédiges d’autant plus précieuses, d’autant plus sincères. Ne change pas. Même si le monde entier te tombe dessus. C’est toi qui es sur la bonne voie.
 

Pour aller plus loin :


dimanche 3 septembre 2017

[SP] Mayana par Voyageuse des Mots

dimanche 3 septembre 2017
Résumé : Mayana est une jeune femme promise à un brillant avenir. Elle est une apprentie guerrière douée. En très peu de temps tout va basculer. Son village natal va être détruit par les soldats du Seigneur d’Ivoire. Son apprentissage se terminera en route, l’obligeant à brûler des étapes essentielles pour grandir. Sa rencontre avec un Infernus, un terrible dragon utilisé par les ennemis comme une machine de guerre, la précipitera dans une aventure qui la dépasse. Elle va faire face à une réalité à laquelle elle n’a jamais été préparée : celle des doubles jeux et des apparences.
Très vite, une course contre la montre va s’engager pour contrer l’ennemi, l’empêchant souvent de prendre le temps de la réflexion. Elle ne va pas mener seulement une quête pour sauver l’empire mais aussi celle de son identité. Est-elle :
- Une jeune femme fragile et embourbée dans l’espace surprotégé des enseignements reçus ?
- Une jeune femme pleine de ressources qui tire parti de ses erreurs ?
Suivez ses traces.
Titre : Mayana
Auteur : Voyageuse des Mots

Édition : Auto Edition



Aujourd’hui, je vais vous parler de Mayana écrit par Voyageuse des Mots. Je tiens d’ailleurs à remercier cette dernière de m’avoir proposé ce service presse.

Autant le dire de suite, je suis dans un cas où je ne conseillerai pas le livre. En tout cas, je ne vous encouragerai pas à le lire dans son état actuel. Je dois le reconnaître, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au début. J’avais cette désagréable sensation d’être en apnée. J’ai cru que cela venait de la construction de certaines phrases, de la mise en page, puis j’ai saisi que le souci était un peu plus complexe.

Pour commencer, je vais parler de la mise en page. Au début du livre, j’ai trouvé l’ensemble trop dense. En fait, cela manquait de retour à la ligne, les paragraphes étaient trop compacts et cela participait à la sensation d’étouffement. J’aurais aimé plus d’espace entre les paragraphes, plus d’air. Cette impression a été aggravée par des phrases longues. J’en ai annoté quelques-unes dans le prologue si cela intéresse l’autrice.

Donc j’ai failli décrocher plusieurs fois durant la première partie du roman. Je me suis néanmoins accroché, car la seconde moitié du livre est nettement moins pénible à lire. Elle n’est pas parfaite, mais elle m’a permis de saisir d’où venait le problème avec Mayana.

D’ailleurs le plus grand défaut de ce livre (tout en étant sa principale qualité) c’est Mayana. Alors je m’explique. Mayana est l’héroïne. Mayana est aussi paranoïaque au départ. Elle l’est pour d’excellentes raisons. Le souci c’est qu’on est dans une narration en je. Du coup, le lecteur est dans la tête de Mayana. Il la voit donc se poser des questions, être obsédée par l’idée d’être manipulée, de se faire manipuler et de ne pas savoir vers qui se tourner.

Oui, c’est crédible. Pour avoir été victime d’emprise, je me suis reconnue en Mayana. Sauf que je ne mettrais jamais un tel personnage en je. Pourquoi ? Parce que trouver l’équilibre serait très dur et ici, l’autrice n'y est pas parvenue. La psychologie prend trop souvent sur le pas sur le reste. Elle nous fait oublier le décor et l'action. Elle nous donne l'impression que les choses n'avancent pas. C'était comme un jeu vidéo qui se mettrait trop souvent en pause et jamais au bon moment. C'est dommage. Pourquoi ? Parce que ce roman de fantasy repose sur la relation malsaine de Mayana avec d’autres personnages, ce qui lui permet de sortir des clichés habituels de la fantasy. Et c’est un bon point.

Il faut attendre la seconde partie pour que Mayana soit plus facile à lire. D’ailleurs, c’est quand elle commence à reprendre confiance qu’elle est plus aisée à suivre, que l’écriture devient plus agréable. Cela reste imparfait, car des longueurs demeurent, mais le monde autour de Mayana semble davantage exister.

Alors oui, je sais. Tous les auteurs n’aiment pas entendre des conseils de leurs lecteurs, mais là je pense que si Voyageuse des Mots élaguait un peu son ouvrage de rebondissements et de questionnements de Mayana (ou changeait la narration en elle), ce serait un livre de fantasy à découvrir. En attendant, je ne peux pas le recommander et j’en suis désolée. 


Je déconseille

vendredi 1 septembre 2017

Nutty Universes - Anthologie [SP]

vendredi 1 septembre 2017
Résumé : Cinq nouvelles, cinq manières d’aborder la thématique des univers parallèles. Des jeux vidéo, aux visions fantomatiques, en passant par un couple d’apparence ordinaire, cette anthologie vous propose des personnages confrontés à l’impensable : les mondes d’à côté. Le temps d’une lecture, vous y croirez !

Titre : Nutty Universes
Auteurs : Sonia Quémener, Charlotte Pignol, Grégory Bryon, Audrey Singh et Adel Omouri

Édition : Nutty Sheep






Aujourd’hui, je vais vous parler de nouvelles avec l’anthologie de Nutty Universes des éditions Nutty Sheep. Oui, je le reconnais, cela fait pas mal de Nutty dans la même phrase. Je remercie d’ailleurs Marie Tinet de m’avoir confié ce SP.

Thousand Lifes par Charlotte Pignol.

Si le thème de la réalité virtuelle me plaît, je dois avouer que cette nouvelle m’a laissée de marbre. L’histoire m’a paru un peu trop classique. Steven manquait de charisme à mes yeux. Il me faisait penser à une coquille vide. Après je sais que ce n’est pas évident de donner de la profondeur à un personnage dans une nouvelle. Par contre, je reconnais que la chute est réussie. Je tiens à le souligner parce que ce n’est pas toujours le cas dans des récits, c’est même plutôt rare que la fin soit plus aboutie que le début.

Riverains funestes par Adel Omouri

Ici, je dois avouer que j’ai été surprise par la tournure de la nouvelle. J’étais tellement persuadée d’être dans la science-fiction que je n’ai pas du tout pensé qu’un genre différent pourrait s’inviter. Ce fut une bonne chose, car j’ai vraiment passé un agréable moment. J'étais contente que l’on aborde d’autres sujets que celui de l’univers parallèle… et là encore la chute ne m’a pas déplu. J’ai beaucoup aimé l’ultime phrase de la nouvelle, qui résumait parfaitement la situation du personnage. C’était bien trouvé.

MiroriM par Grégory Bryon

Cette nouvelle illustre parfaitement la bêtise dont l’homme est capable. Je trouve qu’elle est une très belle métaphore de ce que l’être humain adore faire : reproduire les mêmes erreurs sans jamais en retenir la leçon. Du coup, si j’ai été agacée par le comportement de Marc, cela ne m’a pas empêché d’apprécier la nouvelle. Après je dois reconnaître que je regrette un peu la fin. Elle manque un petit peu de cynisme.

Encore heureux par Sonia Quémener

Cette nouvelle était plaisante à lire. J’ai beaucoup aimé l’idée de suivre un responsable de hotlines d’univers parallèles. Je ne l’ai pas trouvé très chanceux, mais j’ai apprécié son ton. Je dois reconnaître que je n’ai pas grand-chose à dire dessus, si ce n’est que c’était une histoire bien sympa.

Retrouvailles par Audrey Singh

Celle-ci est sans doute ma préférée de l’anthologie. Je trouve l’approche intéressante, mais aussi atroce sur le plan psychologique. Comme Riverains funestes, elle permet de développer d’autres thèmes que les univers parallèles. Ici, il est question de celui de la séparation, de l’espoir de retrouvailles et d’une fin qui était… terrible. Je ne dirai pas dans quel sens, car ce serait clairement gâché la nouvelle. Une chose est sûre, cette histoire m’a vraiment touché.

En conclusion, cette anthologie propose un lot de nouvelles intéressantes à découvrir. Je pense que je vous reparlerai de cette maison d'édition car ce SP m'a donné envie de creuser leurs autres ouvrages. (surtout que j'aime bien le format de la nouvelle et qu'il semble posséder des anthologies bien sympathiques)

Je conseille.
 

mardi 1 août 2017

Strawberry Fields par E.R Link

mardi 1 août 2017

Résumé : En Talégalle, pays de la Terre des Brumes, malgré la menace de conflit avec l’empire voisin, une partie de la population prospère grâce au commerce des soieries. Mais la pauvreté fait également rage : gangs de voyous dominent dans les grandes villes tandis qu’en campagne les orphelinats sont surpeuplés. Le destin d’Axelle, Quentin et Kimberley, trois orphelins du foyer de Saint-Jéthel sera intimement lié aux soubresauts de l’histoire taléganne.

Titre : Strawberry Fields
Auteur : E.R Link

Édition : Auto Edition


 
Aujourd’hui, je vais vous parler de Strawberry Fields, un roman écrit par E.R Link avec lequel j’ai passé un agréable moment.

Ce livre ne raconte pas seulement une romance entre deux êtres. Il conte aussi leur existence ainsi que celle de leur entourage. J’aurais donc tendance à le classer dans la catégorie « chroniques d’une vie », que j’affectionne particulièrement. Oui, j’aime les histoires où les enjeux ne sont pas la survie d’un univers ou un complot visant à renverser le prince. J’apprécie de suivre des héros ordinaires au travers de leur simple destin. J’adore l’idée aussi que l’amour puisse unir deux êtres malgré les épreuves.

Car oui, les personnages vont en vivre des épreuves. Axelle et Quentin vont se perdre à plusieurs reprises pour mieux se retrouver. Ils ne vont jamais cesser de s’aimer et de se battre pour rester ensemble. Des leçons seront retenues comme celle de réfléchir à deux fois avant de jouer avec certaines forces. S’ils sont les héros du roman, ils ne sont pas seuls pour l’animer. Il y a Charlaine dont le charisme est aussi terrifiant que son caractère. Je le reconnais s’il était possible de découvrir comment elle a fini ainsi, je ne dirais pas non. Après ce ne serait sans doute pas sans risque pour l’autrice, car il faudrait être à la hauteur de l’aura du personnage… Et parfois, certaines choses doivent rester dans l’ombre pour laisser place à l’imagination des lecteurs.

Je ne pourrais pas parler de cet ouvrage sans évoquer le cas d’Ophélie. Euh non, je devrais dire Kimberley… Ophélie ou Kimberley, telle est la question ? Ce personnage est aussi attachant qu’effrayant. Sa folie est palpable, visible et déchire le cœur à plusieurs reprises, car l’envie de la voir s’en sortir est là. L’espoir surgit à chaque période d’accalmie pour mieux disparaître quand la maladie réapparaît pour l’entraîner vers le fond… elle et ses proches.

Et évoquer Kimberley permet de rebondir sur un point fort du livre : sa richesse. Ce n’est pas un premier jet comme j’en ai trop lu en auto-édition. Strawberry Fields est un roman abouti où l’on sent que l’autrice a pris le temps de se documenter sur plusieurs sujets comme l’argot ou encore la signification des fleurs. Elle ne s’est pas contentée de la surface, elle est allée en profondeur pour offrir un univers solide servi par sa plume maîtrisée. Je n’ai croisé aucune coquille lors de ma lecture. Je n’ai pas vu de fausse note dans l’usage de son français. J’ai relevé de nombreuses références. J’ai apprécié les illustrations et les lettres. Et puis il faut parler des énigmes qu’il est possible de résoudre. L’autrice a abattu un sacré travail, elle s’est donné du mal pour écrire un ouvrage aussi riche que complet. Qui a dit que l’auto-édition n’offrait que du bâclé ? Pas moi. Et je suis ravie d’avoir ce très bel exemple pour le démontrer.

Alors bien sûr tout n’est pas parfait. En même temps quelle œuvre l’est ? Aucune. Donc Strawberry Fields a bien un bémol, celui de sa fin où le rythme se brise brutalement dans la dernière partie. J’aurais tendance à penser que l’autrice a expédié un peu trop vite son épilogue. Pourquoi ? Parce que durant tout l’ouvrage, elle a pris le temps nécessaire pour dénouer les fils de l’existence de ces héros. Il n’aurait pas été incohérent qu’elle s’offre quelques pages supplémentaires pour régler convenablement l’ultime rebondissement dans la vie de Quentin et Axelle.

Un autre souci vient troubler un peu la lecture sur la liseuse. Le livre est enrichi d’illustrations, de lettres écrites à la main et malheureusement sur la fin les derniers sont moins lisibles. Du coup, j’aurais tendance à conseiller la version papier, ce qui ne serait pas du gâchis vu la qualité de l’ouvrage.

Pour résumer, je dirais que Strawberry Fields est à classer dans le panier haut de l’auto-édition grâce à la plume maîtrisée de son autrice, la solidité de l’univers qu’elle y décrit et des personnages plus vrais que nature. À découvrir donc si vous aimez suivre des héros ordinaires dans l’accomplissement de leur existence. 

Je conseille.

vendredi 28 juillet 2017

L'appétit des ombres par Olivier Saraja

vendredi 28 juillet 2017
Résumé : Le monde se meurt, victime de forces nocturnes dont personne ne sait rien.
Parmi les derniers ressortissants d'une civilisation en décomposition, Wade le taulard vivote en marge de toute moralité jusqu’à ce que le destin mette sur sa route Angie, une adolescente au passé tourmenté.
Ensemble, ils prennent la route de Genève pour y rejoindre la dernière communauté de survivants.
Victime, bourreau, chacun choisira sa propre voie à la surface d’une planète vouée à la perdition.

Titre : L’appétit des ombres
Auteur : Olivier Saraja

Édition : Auto Edition



Aujourd’hui, je vais vous parler de L’appétit des ombres, une nouvelle écrite par Oliver Saraja.

Dans l’ensemble, ma lecture fut agréable. J’ai apprécié l’ambiance obscure, qu’il a dressée pour son histoire. Il y conte la rencontre, mais aussi la collaboration entre deux personnages, qui ne se seraient sans doute jamais croisés si le monde n’avait pas sombré dans le chaos. Cela entraîne donc une relation malsaine plutôt bien retranscrite même si je l’ai trouvée un poil cliché. Il manquait un je-ne-sais-quoi à Angie pour sortir de son côté midinette. Maintenant, nous sommes dans une nouvelle, ce qui occasionne souvent des petits sacrifices ici et là dans la psychologie des personnages. 

Je dois aussi reconnaître que le traitement des ombres m’a un peu déçue. J’ai espéré plus d’originalité, en vain. Après je l’admets, je deviens difficile au fil de mes lectures. Il ne faut donc pas croire que c’est un gros bémol qui détruit la nouvelle. Non, bien sûr que non. Même si l’appétit des ombres ne brille pas pour son originalité, l’enchaînement des événements s’avère suffisamment efficace pour que l’on passe un bon moment. Je tiens aussi à souligner que l’auteur possède une plume maîtrisée. Je ne me souviens pas avoir eu à redire quelque chose sur le plan grammatical ou syntaxique. 



Je conseille.


 

mardi 18 juillet 2017

Heartless, tome 1 : Mercy par Ker Dukey

mardi 18 juillet 2017
Résumé : On dit que certaines personnes manquent d’empathie en raison d’une activité réduite au niveau du lobe frontal. C’est peut-être mon cas, mais que je sois né ainsi ou que je le sois devenu, l’empathie n’était pas mon fort jusqu’à ce que ses yeux verts croisent les miens dans un miroir… et que je sois incapable de lui ôter la vie.
Je ne voulais pas ressentir d’émotions, je refusais que cette femme vienne compliquer ma vie, elle qui avait été envoyée pour me hanter à cause de mes péchés. Mais la mission a mal tourné et ses conséquences ont transformé ma vie à jamais. En m’obligeant à ressentir des émotions.

Titre : Heartless tome 1 : Mercy
Auteur : Ker Dukey
Edition : Milady


Normalement, ce livre n’a rien à faire dans ma bibliothèque. Depuis Loin de tout, qui était du New Adult, j’ai tendance à m’éloigner des livres portant cette appellation. Sauf que quand il est question de Dark Romance, je vais lire pour me faire ma propre opinion. Je dois d’ailleurs saluer l’effort de Milady, qui signale bien que cette histoire est pour un public averti. Je crois que ce serait bien que tous les éditeurs fassent cet effort afin d’éviter d’avoir un paquet de gamines qui vont se forger une fausse image de l’amour et qui vont aller chercher un bad boy qui leur fera plus de mal que de bien.

Heartless n’est pas révolutionnaire. Il est question d’un tueur, Blake, qui va tomber amoureux de Melody, qu’il aurait dû tuer et dont il a tué les parents. Blake n’éprouve aucun sentiment sauf pour Melody. Sa vision des femmes donne simplement envie de le gifler. Il se comporte comme un être odieux. Je pense notamment à la meilleure amie de sa « pseudo » petite amie, qu’il n’hésite pas à chauffer avant de la planter. Pourquoi est-ce énervant ? Ben parce que son côté séducteur lui permet d’allumer une fille qui le déteste pour le mal qu’il fait à sa copine. Et qu’en plus, cette fille succombe. Non. Je ne suis pas d’accord. Alors oui, je sais une Dark Romance, c’est là pour explorer une relation malsaine entre un homme et une femme… Mais là, nous sommes dans la surenchère pure et simple… Et sous-entendre que le sexe suffit à faire changer d’avis une fille… Non. Que derrière la haine se cache un désir caché ? Non plus.

Ne peut-on pas avoir une dark romance… ou même une simple romance où l’on montre des filles qui sont capables de dire non sans succomber après que le mec ait insisté ? Ne peut-on pas montrer que c’est mal ? Que les filles n’aiment pas ça ? Alors oui les relations malsaines, ça existe… Mais ne devrait-on pas montrer que ça doit être exceptionnel ? Que ça n’est pas une généralité… Que toutes les filles ne succombent pas à un mec qui a tué vos parents ? Car oui, Melody va succomber à Blake. Alors oui, ça ne va pas donner des scènes de sexe conventionnelles. Oui parce que c’est bien connu, les mecs malsains confondent violence et amour. Il va donc être question de placer Melody dans des positions de faiblesse, avec de l’étranglement à la clé…

Mais je crois que le pire, c’est qu’au fond Heartless est une sorte de mensonge. Oui, Blake n’est pas fréquentable sauf que l’autrice ne va pas jusqu’au bout avec lui. Elle lui trouve des circonstances atténuantes, des excuses pour permettre à Melody de l’aimer malgré tout. Ce twist final, je m’y attendais et j’espérais qu’il n’arriverait pas. J’aurais voulu que l’autrice assume le fait que son personnage soit un connard. Honnêtement, je préfère ça aux excuses que l’on trouve aux héros pour faire passer la pilule. Je trouve ça insupportable parce que ça sous-entend que si un mec a eu une enfance difficile… Il a le droit de traiter sa copine comme un bâtard. Il a le droit de tuer des gens. Il a tous les droits. Il faut s’émouvoir… et c’est énervant.

Du coup, comme Blake n’est pas vraiment un salaud, ce roman entretient donc l’idée que la fille peut panser les blessures de l’être abîmé par la vie. Alors oui je sais, ce n’est que de la fiction sauf que ça entretient la culture du viol. Des filles vont vraiment rêver d’un tel homme, peuvent vraiment s’engager dans une relation aussi malsaine avec l’idée qu’elles pourront le changer. Si encore ce livre se montrer profond, s’il prenait davantage le temps d’approfondir le caractère des personnages, d’aller au-delà des stéréotypes. Mais non. Heartless n’est rien d’autre qu’un thriller érotique (et pas une dark romance) dont l’intrigue n’a rien d’original, où les personnages sont à gifler et où l’image de la femme est dégradée au plus haut point.


Je ne conseille pas. (mais alors pas du tout)

lundi 19 juin 2017

[SP] Trop peu par Loli Artesia

lundi 19 juin 2017
Résumé : Dans une chambre d'hôtel aux lourds rideaux noirs, deux anciens amants se retrouvent après dix ans de silence. Tentent de rejouer leur passé amoureux. Miment des gestes sans les interpréter. Sans parvenir à s'extraire d'eux-mêmes.

La chambre prend des allures de huis-clos, écho au monologue intérieur de Chloé, à la recherche d'un nouveau passé, d'un autre personnage, laissant dans cette parenthèse amoureuse un instant d'inachevé.


Titre : Trop peu

Auteur : Loli Artesia

Edition : Inside me







Pour commencer, je tiens à remercier Loli Artesia de m’avoir permis de lire son roman. Je dois reconnaître quand j’ai découvert l’extrait, avant d’accepter, sa plume m’a beaucoup plu. Pour moi, elle écrit bien, pour ne pas dire très bien. Il y a quelque chose de poétique dans ses phrases. Vraiment…

Sauf que ça n’a pas été suffisant pour que j’adhère à ce monologue intérieur. En fait, je trouve que le « tu » tue tout simplement le récit. Je n’ai rien contre l’usage de ce dernier dans un livre dont le lecteur est le héros. Dans les autres, c’est plutôt dangereux, car le « tu » as tendance à prendre parti, à accuser et à juger. Du coup si le lecteur est en désaccord avec lui, comment pourrait-il s’entendre avec jusqu’au bout du roman ? Dans mon cas, ça a été très difficile.

Oui quand le « tu » a évoqué les féministes, j’ai grincé des dents. J’avais envie de le secouer lorsqu'il énonce que le temps de la lutte est terminé. Des femmes se battent encore tous les jours pour que les leurs s’habillent comme elles veulent… ou pour que l’accouchement ne soit plus un traumatisme pour certaines d’entre d’elles. J’ai aussi tiqué sur la question de l’adultère avec les circonstances atténuantes… Je n’ai pas aimé les messages qu’il transmettait au lecteur.

Et finalement ce « tu » m’a donné l’impression de faire de la psychologie de bas étage. Peut-être parce qu’il se montre souvent trop dur de manière générale. Peut-être parce que je l’ai trouvé injuste. Peut-être aussi parce qu’il est trop vindicatif dans ses propos. Après tout, il est capable de dire à Chloé ce qu’elle n’est pas venue chercher.

Un « tu » plus nuancé aurait peut-être fonctionné. Une chose est sûre, il a fini par me lasser et j’ai galéré pour finir le roman. Pourtant je le voulais afin de comprendre ce qui se cachait vraiment derrière ce « tu ». J’ai fini par obtenir ma réponse. J’ai pu saisir certaines choses sauf que ce n’est pas suffisant pour tout excuser. Je dois reconnaître que l’idée était bonne. Je regrette juste cette exécution maladroite. Le « tu » était trop antipathique pour moi. 


Je ne conseille pas.

mercredi 14 juin 2017

La servante écarlate par Margaret Atwood

mercredi 14 juin 2017
Résumé : Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Titre : La servante écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Edition : Pavillons Poche - Robert Laffont


 
Aujourd’hui, je vais vous parler d’une dystopie, que j’aurais aimé découvrir bien plus tôt. Je veux parler de la servante écarlate écrit par Margaret Atwood, qui est désormais adapté en série. Bon, comme je ne suis pas série, j’ai opté pour le livre.

Je ne l’ai donc pas regretté. J’ai découvert un livre prenant dont le futur est glaçant de réalisme. J’ai beaucoup aimé la narration avec une héroïne qui évoque son expérience. Elle a connu l’ancien gouvernement. Elle a vécu l’arrivée du nouveau, qui a fini par l’asservir sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Elle n’a pas été la seule à ne pas le voir. Nombreux ont été ceux à n’avoir rien vu venir. Du jour au lendemain, les femmes ont ainsi été privées de leurs libertés. Mais ce n’est pas la seule chose qu’elles ont perdue…

Dans cette dystopie, le sort des femmes est terrible. Defred nous raconte le sien, celui d’une femme condamnée à se faire violer pour permettre à d’autres couples d’avoir un enfant. Si elle réussit à offrir un enfant, elle pourra éviter un séjour aux colonies, un lieu où il ne vaut pas mieux être envoyée. Au fil des pages, Defred nous décrit d’autres femmes, comme sa mère ou encore Moïra, que j’ai beaucoup apprécié et dont j’ai espéré avoir des nouvelles à chaque retour dans le présent. Cette dystopie est sombre. Les règles y sont injustes…

Mais le pire, c’est, comme souvent, ce côté si réaliste. Comme toujours, j’ai du mal à faire une chronique d’un livre qu’il vaut mieux lire pour réaliser la puissance de son propos. Si vous avez l’occasion de lire, faites-le, car ce livre a beaucoup de choses à raconter. Il pousse à réfléchir. Il est troublant. Malsain. Un chef d’œuvre. Un coup de cœur.

Je conseille.

lundi 12 juin 2017

D'amour et de Haine, tome 1 : Quand tout bascule par Sonia Alain [SP]

lundi 12 juin 2017
Résumé : 1914, l'année de tous les dangers.

Adélaïde de Beauchamp est une jeune lady qui s'est vue contrainte de quitter l'Angleterre à la suite d'un scandale. Sommée par ses parents de revenir chez elle au bout de deux ans, elle s'embarque sur l'Empress of Ireland, un paquebot luxueux qui effectue la liaison entre la ville de Québec et l'Angleterre.

En cette nuit du 29 mai, période de l'année où les eaux sont encore glaciales dans l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, l'Empress of Ireland fend doucement la nappe brumeuse lorsqu'il est soudainement embouti par un charbonnier. Personne n'aurait pu prévoir le drame !

Dès lors, le destin d'Adélaïde sera changé à tout jamais...

Titre : D’amour et de haine, tome 1 : Quand tout bascule
Auteur : Sonia Alain
Edition : Ada Editions

 
Aujourd’hui, je vais vous parler du premier tome d’amour et de haine, la nouvelle saga de romance historique écrite par Sonia Alain. Je tiens d’ailleurs à remercier cette dernière de m’avoir confié ce nouveau bébé avec une belle dédicace.

Alors ai-je été transportée par cette romance ? Oui. À un détail près. D’ailleurs, je pourrais même dire que la saga porte bien son nom. Si j’ai aimé Adélaïde, j’ai haï bien souvent Aidan. Plusieurs fois, j’ai eu envie de le gifler parce qu’il est vraiment, mais alors vraiment odieux avec Adélaïde. En plus, il ne sait pas ce qu’il veut. Bon, son passé peut toucher sauf que ça n’excuse en rien son comportement avec la jeune femme. Certes, son métier peut expliquer ses réticences à céder, mais sérieux, je l’ai trouvé d’une indécision peu professionnelle. Franchement, Adélaïde mérite mieux que ça…

Bon okay, elle a fait une grosse erreur de jeunesse. Elle s’en veut. C’est normal. Après méritait-elle de souffrir autant ? Je ne pense pas. En plus, elle a droit à des ennuis à cause d’Aidan, ce qui fait que je lui en voulais encore plus à lui. Donc oui, j’ai été profondément touchée par Adélaïde, par sa détresse suite au drame qu’elle a vécu et je pense sincèrement qu’elle mérite mieux qu’Aidan. (Non, je n’insiste pas du tout. Et je sais, l’amour a ses raisons que la raison ignore !) J’espère s’il va se racheter dans la suite de leurs aventures, et si ce n’est pas le cas, je pense que j’irais trouver une machine à remonter le temps pour lui faire la leçon. (Donc oui, je lirai le tome deux.)

Néanmoins, cette absence d’affinité à l’égard d’Aidan ne m’a pas empêché d’apprécier ce premier roman. Comme à son habitude, Sonia Alain a su prendre le temps de se documenter pour immerger son lecteur au cœur de l’année 1914. Sa plume est toujours aussi agréable à lire. Elle entraîne ses personnages dans une aventure bien rythmée où les nerfs des héros sont mis à rude épreuve. (Non ça n’excuse toujours pas Aidan) Il est clair que les amateurs de romance historique devraient trouver leur bonheur avec cette histoire dont le titre colle parfaitement à la relation entre Adélaïde et Aidan. Oui, ils s’aiment et se haïssent tout en restant attirés l’un à l’autre. 


Je conseille. 

lundi 17 avril 2017

[BD] Collaboration Horizontale par Navie et Carole Maurel

lundi 17 avril 2017
Résumé : 1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah, décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. Cet immeuble est le sanctuaire de femmes héroïques et ordinaires, veuves ou célibataires, juives ou athées, scandaleuses ou acariâtres

Titre : Collaboration Horizontale
Scénariste : Navie
Illustratrice : Carole Maurel
Édition : Delcourt


Il était une fois des femmes durant l’occupation. Il était une fois leurs vies au sein d’un immeuble. Chacune a sa vie. Chacune a ses secrets. Les apparences se révèlent trompeuses. Ou peut-être pas ? Chacune peut toucher dans sa détresse. Avec d’autres, il y a une hésitation entre la compassion ou la pitié. Une chose est sûre, les jugements sont là. Même en temps de guerre.

Rose est l’héroïne, mais elle n’est pas seule. Elle est entourée de personnages hauts en couleur. J’ai eu envie d’en gifler certains tandis que d’autres me donnaient juste envie de les serrer dans mes bras. J’ai voulu hurler à l’injustice parce que non, tout ne l’est pas. Je ne peux pas trop en dire sans prendre le risque de révéler l’intrigue, mais j’ai eu mal au cœur par moments. J’ai une tendresse particulière pour le mari de la gardienne, mais aussi Joséphine.

Les dessins servent l’histoire à merveille. Je ne suis pas une spécialiste, mais j’ai apprécié la mise en scène de certaines planches. Elles retranscrivaient à la perfection les émotions que ces moments pouvaient inspirer. Elles étaient clairement plus parlantes que les mots. J’aime beaucoup le fait qu’à la fin deux lettres nous soient révélées. C’est un véritable plus qui permet de voir certains passages différemment.

En conclusion, Collaboration Horizontale est une bande dessinée historique à découvrir. Elle lève le voile sur une partie sombre de notre Histoire. Elle nous offre une autre vision des événements et nous rappelle à quel point les préjugés peuvent être destructeurs.

Verdict : Je conseille.

lundi 20 février 2017

Queen R par Marine Mouzelard

lundi 20 février 2017


Résumé : Roxane mène la belle vie. Elle est assistante du rédacteur en chef du Women Magazine, un magazine féminin, et vit dans un bel appartement de Bruxelles avec sa meilleure amie. Elle n'a qu'un seul rêve devenir rédactrice en chef et lorsque son patron lui offre la chance d'obtenir une promotion, sa vie bascule. Entre mensonges, amours, secrets et trahisons, Roxane essaye de garder le cap et ce n'est pas pour plaire à tout le monde. Mais peut-on tout pardonner? Une délicieuse histoire pour passer un moment divertissant.

Titre : Queen R

Auteur : Marine Mouzelard

Edition : Auto édition
Date de Parution : 2015 

MAJ avril 2017 : L'autrice aurait corrigé les erreurs de français et la mise en page, ce qui rendrait le livre plus visible. Je n'ai pas été vérifier, mais je tiens à informer de ce changement. Néanmoins je continue à déconseiller ce livre qui véhicule des clichés sexistes et dont le personnage féminin est tout sauf un exemple à suivre.


Honnêtement, je ne comprends même pas comment l’autrice peut vendre un livre dans un tel état. Je ne comprends pas comment il a pu être second à des Indés Awards.

La mise en page est totalement aléatoire. Par moment, une ligne de dialogue se retrouve isolée du texte sans raison valable. À d’autres moments, les sms surgissent dans une disposition illisible. Je ne parle pas non plus de l’espace entre le tiret et la lettre, qui dit bye bye de temps en temps. Je me suis aussi demandé où était le correcteur, car ce texte ne semble avoir bénéficié d’aucune relecture.

J’ai croisé beaucoup d'erreurs comme le pauvre i des verbes être associé à un t quand il ne le fallait pas, et voir ce même t ne pas apparaître alors qu'il était nécessaire. Je pourrais aussi évoquer les trop nombreuses répétitions qui alourdissent un style scolaire. Les phrases décrivent souvent des actions de manière mécanique et sans âme.

Par moments, certains passages n’ont aucun sens. Pourquoi une cravate rose rendrait-elle un personnage docile ?

Quant à l’histoire, il faut pouvoir la suivre. Et quand on y arrive, on se retrouve face à Roxanne, une héroïne détestable. Un exemple ? À un moment donné, elle envoie accidentellement un texto à la place de Justine. Elle reproche ensuite à cette dernière de s’être excusée auprès du destinataire pour réparer les dégâts. Pire, Roxanne est confortée par son meilleur ami, qui choisit donc de blâmer Justine, la victime de l’histoire. Sans commentaires.

Et je pourrais continuer longtemps, car les soucis sont nombreux. Queen R est clairement le brouillon d’un livre. Il n’est pas abouti. C’est scandaleux de le vendre dans cet état.

Alors oui je râle sur Queen R. Et non, je ne vous le conseille pas. Gardez votre argent pour un autre livre. Téléchargez un extrait avant d’acheter un roman. Feuilletez-le. Cela vous évitera bien des déconvenues !


jeudi 16 février 2017

La Rumeur, tome I : La fuite par Solenne Hernandez

jeudi 16 février 2017
Résumé : La crise a sévi bien plus que de raison au fil des années, au point de rendre les cœurs aussi vides que les maisons. Mais un nouveau gouvernement s'est érigé en sauveur de l'humanité : le Secteur.

Alors que le monde semble courir à sa perte, le Secteur dit avoir trouvé une solution.

Mais à quel prix ?

Dans cette vie où plus rien ne compte, les rêves sont, dit-on, devenus inestimables.

Si rares, si précieux, que le Secteur a décidé de s'en emparer.

Titre : La Rumeur, tome I : La Fuite
Auteur : Solenne Hernandez
Edition : Auto-Edition

La Fuite.

Premier tome de la Rumeur écrit par Solenne Hernandez. Si vous me suivez sur Twitter, vous avez déjà dû me voir vous conseiller cette histoire. Aujourd’hui, je me décide enfin à vous offrir mon avis en version longue sur une vraie dystopie issue de l’auto-édition.

J’ai aimé ce voyage même si tout n’y était pas parfait. Oui, la Fuite a quelques défauts, qui l’empêchent d’être un coup de cœur.

Parmi les bémols, je retiens l’absence de chapitres dans la mise en page. Il n’est pas possible de naviguer chapitre par chapitre. Alors sur un livre papier, ce n’est pas dérangeant en soi puisque l’on peut le remplir de post-it. Sur un ebook, c’est un peu plus fastidieux de retrouver certains passages. C’est un petit problème de mise en page, qui n’est pas dans le second tome.

L’autre souci réside dans le rythme de l’histoire. La Fuite n’est pas haletante. Elle aurait pu, mais comme elle met en place l’univers, il y a des moments plus calmes. Certains le sont peut-être un peu trop alors que la menace paraît bien réelle. En fait, cette baisse de rythme vient de quelques longueurs, des instants moins passionnants où les adolescents se contentent de marcher entre un retour dans le passé ou un changement de point de vue intéressant.

Maintenant que les défauts sont énoncés, évoquons les qualités.

Tout part d’une rumeur, que deux enfants veulent entendre de la bouche de leurs parents. Puis cette rumeur se dévoile au fil des chapitres pour révéler un univers difficile dans lequel il n’est pas aisé de survivre. Alors, autant le dire de suite, nous sommes face à un énième cas d’auteur sadique avec ses personnages. Elle peut avoir à faire à un enfant, à un adolescent ou un adulte, ça ne change rien. S’il faut tuer, elle tuera… et ça, c’est bien pour rendre la menace bien réelle.

J’ai aussi aimé que cette dystopie ne soit pas une de ses romances dystopiques que l’on vend aux jeunes adultes et aux adolescents… et que je ne peux plus voir en peinture. J’aime un peu trop les bonnes vieilles dystopies avec un monde effrayant parce que totalement réaliste. Ici, j’ai donc eu la joie de ne voir aucune romance plomber l’intrigue. Alors peut-être que des liens amoureux vont unir certains personnages, mais c’est totalement secondaire. Je dirais que la méfiance, les liens fraternels et l’amitié dominent. Je retiens la relation entre Oswald et Brewen notamment. Ou encore celle d’Eulalie et de Gabe.

Alors oui, les héros sont des adolescents. Pourtant, ils ne sont pas énervants. Ils ne sont pas au beau milieu d’une crise d’adolescence. Ils ne pensent pas tous savoir. Ils ne sont pas infaillibles. Ce sont des adolescents avec leurs qualités, leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses. Ce sont des êtres humains. En plus, l’autrice parvient à gérer des personnages traumatisés par ce qu’ils ont vécu. J’ai aimé Oswald alors que ce n’est pas forcément le personnage qui doit être le plus facile à écrire. J’ai un petit faible pour un personnage féminin, mais je ne peux pas trop dire son nom sans briser un effet de surprise dans l’histoire.

J’ai apprécié les retours dans le passé où l’on prend le temps d’en apprendre plus sur les nouveaux arrivants. Cela permet d’étoffer leurs backgrounds. J’ai aussi aimé le fait que ce ne soit pas systématique parce que sinon on aurait sombré dans le redondant. (Même si j’aurais voulu en savoir plus sur certains, mais le second tome sera sûrement là pour m’en apprendre plus) Les changements de point de vue étaient donc bienvenus permettant d’avoir une vue d’ensemble sur l’univers. Il n’était donc pas seulement question de suivre des adolescents dans leur quête de survie, mais aussi d’entrer dans la tête des adultes qu’ils soient ennemis ou alliés.

Quant à la fin, elle est cruelle, mais elle laisse espérer de l’action dans le prochain tome. Les promesses sont là, le potentiel aussi, il ne reste plus qu’à espérer que le tout se concrétise.

La Fuite est donc une bonne surprise dans cet océan de l’auto-édition. Quelques longueurs sont présentes, mais ne suffisent pas à gâcher le potentiel de cette histoire, l’envie de savoir quel avenir est réservé à nos adolescents. (Pas tête à claques, j’insiste ! Et j’y tiens !) Ce n’est pas un coup de cœur. Par contre c’est un bon début, qui me fait espérer que la saga dans son ensemble sera un coup de cœur !




Verdict : Prometteur

Encore un Chapitre © 2014